VASILY MAXIMOV/AFP

L'Obs - - La Photo -

Mes col­lègues et moi étions en Sy­rie dans le cadre d’un voyage de presse or­ga­ni­sé par le mi­nis­tère de la Dé­fense russe. Nous ne sa­vions pas ce qu’ils vou­laient nous mon­trer. Ce ma­tin du 5 mai, nous avons dû nous le­ver très tôt. Nous avons voya­gé dans un convoi com­po­sé de voi­tures blin­dées et de bus rem­plis de jour­na­listes. Des hé­li­co­ptères de l’ar­mée nous es­cor­taient. Per­sonne ne sa­vait où nous al­lions. Après plus de trois heures de route, on nous a dit que nous rou­lions vers Pal­myre. Et c’est seule­ment quand nous y sommes ar­ri­vés qu’on nous a an­non­cé qu’un concert du Ma­riins­ky de Saint-Pé­ters­bourg al­lait y être don­né. Le bruit a cou­ru que Pou­tine lui-même al­lait y as­sis­ter (il a été pré­sent, d’une cer­taine fa­çon, en s’adres­sant au pu­blic sur un grand écran ins­tal­lé sur la scène de l’am­phi­théâtre). Il est évident que la li­bé­ra­tion de Pal­myre ar­ra­chée aux bar­bares de Daech est une avan­cée ma­jeure. Et l’idée d’un concert clas­sique là même où a été per­pé­trée une exé­cu­tion de masse était per­ti­nente. Mais toute la scène res­sem­blait à ce que nous au­rions pu voir à Mos­cou. Ce­la s’ap­pa­ren­tait plus à un show té­lé qu’à une ini­tia­tive sin­cère. J’ai eu l’im­pres­sion que nous étions uti­li­sés pour les be­soins de la pro­pa­gande. Et les dif­fi­cul­tés ont com­men­cé : pas d’in­ter­net dans l’an­tique Pal­myre, ni d’élec­tri­ci­té. Le ré­seau té­lé­pho­nique était in­stable. Je n’avais pas em­me­né mon ma­té­riel de connexion par sa­tel­lite : on nous avait pro­mis que nous se­rions de re­tour à l’hô­tel, à Lat­ta­quié, avant 1 heure de l’après-mi­di. En dé­fi­ni­tive, les pho­tos du scoop n’ont pu être trans­mises qu’à 6 heures du ma­tin, le len­de­main.

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