“Pour de vraies baisses des dé­penses pu­bliques”

L'Obs - - Grands Formats -

Les can­di­dats à la pri­maire de la droite prennent acte de l’ur­gence de bais­ser les dé­penses pu­bliques de la France. Il est plus que temps. La pseu­do-em­bel­lie des comptes pu­blics dont bé­né­fi­cie l’ac­tuel gou­ver­ne­ment est sur­tout liée aux taux bas sur la dette et aux dés­in­ves­tis­se­ments des col­lec­ti­vi­tés lo­cales. Il va fal­loir pas­ser aux vraies baisses de dé­penses c’est-à-dire les coûts de fonc­tion­ne­ment, les dou­blons, en clair les coûts de pro­duc­tion de nos ser­vices pu­blics qui re­pré­sentent qua­si­ment 28% du PIB quand nos par­te­naires eu­ro­péens ne dé­passent pas 25%… 100 mil­liards d’éco­no­mies struc­tu­relles à pro­gram­mer sur le quin­quen­nat 2017-2022 consti­tuent un mi­ni­mum. La ques­tion du statut de la fonc­tion pu­blique est cen­trale. Nous comp­tons en­vi­ron 700000agents de plus par rap­port aux pays com­pa­rables et un temps de tra­vail des agents très sou­vent in­fé­rieur aux 1607 heures an­nuelles qui sont les 35 heures an­nua­li­sées. Le gel des em­bauches dans les trois fonc­tions pu­bliques en dé­but de quin­quen­nat nous semble in­con­tour­nable comme l’aug­men­ta­tion du temps de tra­vail. Le poids de notre fis­ca­li­té est à l’aune du poids de nos dé­penses pu­bliques. 44,5% de taux de pré­lè­ve­ments obli­ga­toires quand ce­lui de l’Al­le­magne est à 36%... Le gou­ver­ne­ment a fait des ef­forts avec le CICE et le pacte de res­pon­sa­bi­li­té, mais, avec 40 mil­liards de baisse d’im­pôts et co­ti­sa­tions sur les en­tre­prises, il n’est pas du tout dans les clous de ce qu’il faut faire pour rendre de la com­pé­ti­ti­vi­té à notre éco­no­mie. Il fau­drait pré­voir de bais­ser d’en­core 90 mil­liards les pré­lè­ve­ments sur nos en­tre­prises. Quant à la fis­ca­li­té du ca­pi­tal, c’est entre 10 et 15 mil­liards de baisse qu’il faut pro­gram­mer. La non-flexi­bi­li­té de notre mar­ché du tra­vail em­pêche la créa­tion d’em­plois mar­chands. La so­lu­tion est de per­mettre à chaque en­tre­prise de s’or­ga­ni­ser en s’af­fran­chis­sant des ac­cords de branche avec l’ac­cord di­rect des sa­la­riés. Flexi­bi­li­té du temps de tra­vail et des ré­mu­né­ra­tions, flexi­bi­li­té de l’em­bauche en CDD avec re­nou­vel­le­ment illi­mi­té sur six ans maxi­mum (comme dans le sec­teur pu­blic), pas­sage des contraintes du seuil de 50sa­la­riés à 250… Ce sont au­tant de me­sures qui per­met­traient de créer de l’em­ploi et de faire bais­ser le chô­mage, no­tam­ment des jeunes. Toute l’or­ga­ni­sa­tion de notre sys­tème de pro­tec­tion so­ciale est à re­voir. Rien que pour dis­tri­buer les quelque 732 mil­liards de pres­ta­tions, nous dé­pen­sons chaque an­née plus de 43 mil­liards d’eu­ros, soit plus de cinq fois le bud­get de la jus­tice… Là en­core des coûts de ges­tion pha­rao­niques et une com­plexi­té qui ne pro­fitent pas aux ci­toyens en­cou­ragent la fraude. Une al­lo­ca­tion so­ciale unique (ASU) im­po­sable et pla­fon­née est in­dis­pen­sable. Mes­dames et mes­sieurs les can­di­dats, cou­rage! A. V.-M.

AGNÈS VERDIERMOLINIÉ Di­rec­trice de la fon­da­tion iFRAP

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