L’ANGE BLES­SÉ PAR EMIR BAIGAZIN

L'Obs - - Critiques - P. M.

Co­mé­die dra­ma­tique ka­za­khe, avec Nur­ly­bek Sak­ta­ga­nov, Ma­diyar Arip­bay, Ma­diyar Na­za­rov (1h52).

« Les Le­çons d’har­mo­nie », le film pré­cé­dent de ce très jeune réa­li­sa­teur ka­zakh (32 ans en juillet pro­chain), était sor­ti dis­crè­te­ment et, au fil des se­maines, avait ac­quis, grâce au bouche-à-oreille, une no­to­rié­té très mé­ri­tée. On re­trouve dans « l’Ange bles­sé » les mêmes qua­li­tés, no­tam­ment un sens du ca­drage as­sez ren­ver­sant et une vo­lon­té de don­ner aux plans toute la du­rée né­ces­saire. Le film est or­ga­ni­sé en quatre his­toires qui concernent des ado­les­cents du mi­lieu des an­nées 1990, époque où l’Etat ka­zakh, au len­de­main de la chute de l’URSS, li­mi­tait dras­ti­que­ment la consom­ma­tion do­mes­tique d’élec­tri­ci­té. Ils sont col­lé­giens, l’un d’eux contraint de tra­vailler (son père sort de pri­son, per­sonne ne veut l’em­bau­cher), un autre voit sa vo­ca­tion de chan­teur sac­ca­gée par des caïds de son âge, un troi­sième tra­fique du cuivre, le der­nier rêve d’in­té­grer un ly­cée mé­di­cal, mais sa pe­tite amie se dé­couvre en­ceinte. Le mor­cel­le­ment rend l’abord un peu dif­fi­cile. Car à peine com­mence-t-on de s’at­ta­cher à un per­son­nage que dé­jà il faut pas­ser à un autre. Si les in­ter­prètes sont re­mar­qua­ble­ment choi­sis (Nur­ly­bek Sak­ta­ga­nov, pho­to ci-des­sous), le prin­cipe des quatre his­toires s’ac­corde as­sez mal avec les ver­tus du ci­né­ma de Baigazin, dont on at­tend avec confiance les pro­chains films.

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