L’épo­pée de l’Exo­dus

EXO­DUS, PAR OTTO PREMINGER. FILM AMÉ­RI­CAIN, AVEC PAUL NEWMAN, EVA MA­RIE SAINT, RALPH RICHARDSON, SAL MINEO, PE­TER LAWFORD, LEE J. COBB, JILL HAWORTH (1960, 3H18).

L'Obs - - Critiques - F. F.

L’his­toire, en par­tie au­then­tique, de l’« Exo­dus », ba­teau char­gé d’une cen­taine de juifs eu­ro­péens qui cherchent à en­trer en Pa­les­tine, en 1947. La Grande-Bre­tagne, alors puis­sance man­da­taire, s’y op­pose et de­mande leur ren­voi en Al­le­magne, terre de l’Ho­lo­causte. La Ha­ga­nah, or­ga­ni­sa­tion se­crète, mène le com­bat, la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale s’émeut, et la nais­sance de l’Etat d’Is­raël est bientôt confir­mée. Ti­ré d’un livre de Leon Uris (qui a dé­tes­té cette adap­ta­tion faite par Dal­ton Trum­bo, au­teur bla­ck­lis­té), le film d’Otto Preminger est l’une de ces su­per­pro­duc­tions qui firent les beaux jours des an­nées 1960 : tour­né en 70 mm, avec un cas­ting ex­tra­or­di­naire et des moyens co­los­saux, « Exo­dus » est une fresque un peu lourde, mais avec des mo­ments exal­tants, sou­li­gnés par une mu­sique lé­gen­daire d’Er­nest Gold. A l’époque, Paul Newman igno­rait qu’il était d’ori­gine juive, et Preminger se consi­dé­rait comme le seul juif du tour­nage – ce qui le condui­sit à adop­ter une at­ti­tude hos­tile en­vers l’équipe. Lors de la pre­mière pro­jec­tion à Hol­ly­wood, sur­pris par la lon­gueur du film (plus de trois heures), l’hu­mo­riste Mort Sahl ren­con­tra, à l’en­tracte, Preminger. Ce­lui-ci lui de­man­da : « Alors, comment tu trouves ? – Oh, Otto, let my people go ! (Laisse mon peuple s’en al­ler !) ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.