Le Dou­ro, cô­té aris­tos

Le long du fleuve d’or, dont la val­lée est ins­crite au pa­tri­moine mon­dial de l’Unes­co, les es­cales chics se suivent, au ha­sard du cou­rant et des vents

L'Obs - - Le Sommaire - par ANNE MA­RIE CATTELAIN LE DÛ

Ici, un peu comme en Ir­lande, pluie et so­leil se suc­cèdent sans tran­si­tion. Condi­tions idéales pour les ré­pu­tées vignes de por­to, pre­mier vin à bé­né­fi­cier en 1756 d’une ap­pel­la­tion d’ori­gine contrô­lée. Une culture ren­table qui in­ci­ta la no­blesse du pays à bâ­tir, dès le siècle, des quin­tas, ces do­maines vi­ti­coles dou­blés de de­meures sei­gneu­riales. Une poi­gnée de ces pro­prié­taires veillent tou­jours sur leurs biens, quitte, sans perdre de leur su­perbe, à se tour­ner vers l’oe­no­tou­risme.

L’ADRESSE GRAND SEI­GNEUR

Di cile, au pre­mier abord, de trou­ver un air aris­to­cra­tique à la quin­ta Vale Abraão (pho­to), in­ves­tie de­puis peu par le groupe hô­te­lier Six Senses. Ses fon­da­tions datent, certes, de la fin du Moyen Age mais, au siècle, ses pro­prié­taires la res­tau­rèrent au goût du jour, lui don­nant une al­lure plus fan­tai­siste. Le bâ­ti­ment rose, avec ses tou­relles, mé­rite pour­tant qu’on y pose ses va­lises pour un sé­jour 100% dé­tente et gas­tro­no­mie. Le parc de six hec­tares, plan­té d’arbres cen­te­naires, ra­vive la ma­gie d’an­tan avec ses sta­tues et ses kiosques ca­chés dans la ver­dure. Quant à la dé­co­ra­tion in­té­rieure des bâ­ti­ments, le ca­bi­net new-yor­kais Clo­dagh a su ma­rier ha­bi­le­ment meubles de­si­gn et touches por­tu­gaises. Les chambres (pri­vi­lé­giez celles ou­vrant sur le fleuve) au confort ab­so­lu et à la dé­co épu­rée sont éga­le­ment d’un ra ne­ment ex­trême. As­su­ré­ment la meilleure adresse pour ex­plo­rer la ré­gion tout en pro­fi­tant du spa de 2 200 mètres car­rés et de la cui­sine du chef fai­sant la part belle aux pro­duits lo­caux et aux lé­gumes bio. A par­tir de 400 € la chambre double, www.six­senses.com/Dou­roVal­ley

UN DOIGT DE POR­TO CHEZ EDUAR­DO

La quin­ta de San­ta Jú­lia est un ro­man, un pan de l’his­toire de la val­lée. De­puis peu, Eduar­do da Cos­ta Seixas, aris­to­crate old-fa­shio­ned, et son épouse, y re­çoivent des hôtes payants, « pour ne pas perdre pied dans le monde ac­tuel ». Di cile de rê­ver homme plus a able, plus culti­vé, et dont le do­maine fa­mi­lial date du siècle. Un ma­noir où, dans chaque pièce, cha­pelle com­prise, mo­bi­lier, ob­jets, ta­bleaux té­moignent de la vie de chaque gé­né­ra­tion. Qui prête une oreille at­ten­tive à Eduar­do est ain­si convié à vi­si­ter ses vignes, ses chais, ses oli­ve­raies. Et bien sûr, à ap­pré­cier ses vins, ses huiles et ses fruits. Une halte hors du temps, à l’orée d’une fo­rêt que pro­longent des jardins en sur­plomb du Dou­ro. Seule conces­sion ve­nue du siècle : la jo­lie pis­cine et le wi-fi. A par­tir de 90 € la chambre double, à Pe­so da Ré­gua, eco­sta­seixas@gmail.com

CABOTAGE ROYAL

Quand les brumes se dis­persent, les ba­teaux lèvent l’ancre pour vo­guer, de méandre en méandre, le long du Dou­ro. Et c’est par­ti pour quelques heures de na­vi­ga­tion tran­quille. Sur les berges, jardins et vi­gnobles en ter­rasse dé­filent, en­ca­drant d’an­ciennes quin­tas dont bon nombre, hé­las, tombent en ruine. Par­fois, le ca­pi­taine jette l’ancre pour une bai­gnade im­promp­tue. 1 heure, 10 €, 2 heures, 20 €, www.ma­gni­fi­co­dou­ro.pt

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