Pour­quoi manque-t-on de mé­de­cins ?

L'Obs - - Grands Formats -

C’est un pa­ra­doxe : ja­mais il n’y a eu au­tant de mé­de­cins dans notre pays et pour­tant, 2,5 mil­lions de per­sonnes vivent dans des dé­serts mé­di­caux. Ain­si, en Eure-et-Loir, on compte à peine 6 gé­né­ra­listes pour 10 000 ha­bi­tants (1). Par com­pa­rai­son, ils sont 11 pour 10 000 ha­bi­tants dans les Alpes-de-Hau­teP­ro­vence, l’un des dé­par­te­ments les mieux do­tés. Les jeunes doc­teurs ne fuient pas que les cam­pagnes vides d’écoles ou de trans­ports. A la Cour­neuve, seuls 4 gé­né­ra­listes exercent pour 10 000 ha­bi­tants. Ces trous noirs de la mé­de­cine s’ex­pliquent en par­tie par les dé­parts en re­traite de ceux qui ont dé­bu­té dans les an­nées 1970. Pour as­su­rer leur re­lève, trop peu de pra­ti­ciens ont été for­més lors des dé­cen­nies 19801990, au cours des­quelles le nu­me­rus clau­sus, soit le nombre d’étu­diants ad­mis en fac de mé­de­cine, a été dras­ti­que­ment ré­duit. Le seuil a certes été re­le­vé au dé­but des an­nées 2000, mais un autre pro­blème est ve­nu s’ajou­ter. Ces dix der­nières an­nées, le nombre de gé­né­ra­listes a chu­té de 10%, les dis­ciples d’Hip­po­crate pré­fé­rant se tour­ner vers d’autres spé­cia­li­tés, plus lu­cra­tives. Ces soi­gnants de tout pre­mier re­cours manquent d’au­tant plus que la po­pu­la­tion vieillit. B. R.-G. (1) Source : Con­seil na­tio­nal de l’Ordre des Mé­de­cins.

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