THE NICE GUYS PAR SHANE BLACK

L'Obs - - Critiques - NI­CO­LAS SCHALLER

Co­mé­die po­li­cière amé­ri­caine, avec Ryan Gos­ling, Rus­sell Crowe, Kim Ba­sin­ger (1h56).

1977. Une star­lette du X est re­trou­vée nue et morte au vo­lant de sa voi­ture échouée dans les col­lines de Hol­ly­wood. Deux pri­vés mi­teux et plus ou moins ama­teurs s’as­so­cient pour en­quê­ter sur ce pré­ten­du sui­cide et sur la dis­pa­ri­tion conco­mi­tante d’une pré­nom­mée Ame­lia. Shane Black aime la lit­té­ra­ture pulp, Los An­geles et le bud­dy mo­vie, qu’il po­pu­la­ri­sa lorsque, simple scé­na­riste, il écri­vit « l’Arme fa­tale » ou « Last Ac­tion He­ro ». A sa ma­nière, il fait comme Ta­ran­ti­no à ses dé­buts en ma­riant la sé­rie noire à sa pa­ro­die – c’était dé­jà le cas dans son pre­mier film, le mé­con­nu « Kiss Kiss Bang Bang ». Il faut ai­mer sin­cè­re­ment le genre pour le res­pec­ter tout en s’amu­sant aus­si li­bre­ment avec ses cli­chés – tout y est, de la voix off désa­bu­sée à l’in­trigue bru­meuse. Ryan Gos­ling est très drôle en dé­tec­tive in­apte et bas du front, père d’une ga­mine de 13 ans qui as­sure le bou­lot à sa place. Rus­sell Crowe fait le job en gen­tille brute qui a tro­qué la bi­bine pour les bourre-pifs. Les dia­logues fous et les si­tua­tions ro­cam­bo­lesques s’en­chaînent sur fond de dis­co-funk et de cols pelle à la tarte. Black ne s’in­ter­dit rien, quitte à fi­nir par­fois dans le dé­cor. Il sait aus­si qu’un bon po­lar dit autre chose que ce qu’il ra­conte. A ce titre, « The Nice Guys », avec ses per­son­nages de jeunes filles en guerre contre leurs pa­rents cor­rom­pus et sa course après une bo­bine de film por­no aux ver­tus po­li­tiques, n’est pas avare en sur­prises.

Ryan Gos­ling et Rus­sell Crowe dans « The Nice Guys ».

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