Hu­mour noir

BLACK NO MORE, PAR GEORGE S. SCHUYLER, TRA­DUIT DE L’AN­GLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR THIER­RY BEAU­CHAMP, WOMBAT, 256 P., 20 EU­ROS.

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Et si, pour sup­pri­mer le ra­cisme qui nous pour­rit la vie de­puis si long­temps, il su sait de « blan­chir les Noirs » ? Un mé­de­cin qui porte un nom d’es­croc (Crook­man) a trou­vé le pro­cé­dé. A 50 dol­lars le trai­te­ment, c’est bien­tôt tout Har­lem qui fait la queue de­vant sa cli­nique. Et, même s’il s’agit d’abord pour lui de faire for­tune, « il sem­blait bien que la science al­lait réus­sir là où la guerre ci­vile avait échoué ». Ce point de dé­part dé­ca­pant ima­gi­né en 1931 par le trop mé­con­nu George S. Schuyler (1895-1977), in­clas­sable et ico­no­claste écri­vain afro-amé­ri­cain, est as­sez gé­nial. La suite n’est pas mal non plus. Car non seule­ment le bu­si­ness ré­ser­vé aux Noirs s’écroule, mais les su­pré­ma­cistes « cau­ca­siens » sont fu­rieux à l’idée que des gens de cou­leur puissent « s’in­fil­trer dans la so­cié­té blanche ». Il leur reste à dé­cou­vrir que « tout ce qui pa­raît blanc n’est pas blanc dans ce pays », et nous à plon­ger tête bais­sée dans cette fé­roce po­chade fu­tu­riste, hé­las ter­ri­ble­ment ac­tuelle, qui tire sur tout ce qui bouge sans épar­gner la moindre forme de bê­tise hu­maine.

Le mi­li­tant Mal­colm X à la ra­dio avec le jour­na­liste George S. Schuyler, au dé­but des an­nées 1960.

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