L’ORI­GINE DE LA VIOLENCE

PAR ÉLIE CHOU­RA­QUI

L'Obs - - Critiques - JÉ­RÔME GARCIN

Drame fran­çais, avec Richard Ber­ry, Stan­ley We­ber, Mi­chel Bou­quet, Cé­sar Chou­ra­qui, Ca­the­rine Sa­mie (1h50).

A l’ori­gine de la violence qui, par­fois, s’em­pare de Na­than Fabre et pousse ce jeune pro­fes­seur, pour­tant pon­dé­ré, à sor­tir les poings dans la rue et de ses gonds sans rai­son, il y a un se­cret de fa­mille bien gar­dé qu’il va mettre du temps à le­ver. Lors d’un voyage à Bu­chen­wald, il voit la pho­to d’un dé­por­té qui res­semble à son père (Richard Ber­ry, pho­to) et il va dé­cou­vrir que c’était son grand-père, Da­vid Wa­gner. Le­quel bra­va l’oc­cu­pant na­zi en ai­mant éper­du­ment une jeune fille ran­gée de la riche et ca­tho­lique fa­mille Fabre. Au­jourd’hui, Na­than doit por­ter seul – son père a fait voeu de si­lence – le poids de ce pas­sé qui ne passe pas et dont le grand-père et la grand-tante Fabre (Mi­chel Bou­quet et Ca­the­rine Sa­mie) re­fusent de se sou­ve­nir. Un poids d’au­tant plus lourd qu’il vit avec une jeune Al­le­mande is­sue d’une fa­mille na­zie. Ce ro­man sans nuances, mais pas sans qua­li­tés, de Fa­brice Hum­bert, Elie Chou­ra­qui a fait le choix de l’adap­ter presque lit­té­ra­le­ment. L’in­ten­tion est res­pec­table, le ré­sul­tat est mal­adroit. Toutes les scènes sont ap­puyées, sou­li­gnées par des dia­logues di­dac­tiques, des ac­teurs em­prun­tés et une mu­sique em­pha­tique – fût-elle de Bee­tho­ven. En­fin, il y a ce mo­ment qu’on sen­tait ve­nir de­puis le dé­but et dont on es­pé­rait que le ci­néaste se pri­ve­rait : faire in­ter­pré­ter, dans le camp de Bu­chen­wald, des dé­por­tés par des fi­gu­rants. On ne doute pas un ins­tant des bonnes et im­pé­rieuses rai­sons qu’avait Elie Chou­ra­qui de réa­li­ser ce film. Mais il en avait plus en­core de le réus­sir.

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