Car­né jour­na­liste

MARCEL CAR­NÉ, CI­NÉ-RE­POR­TER (1929-1934), TEXTES PRÉ­SEN­TÉS PAR PHI­LIPPE MORISSON, LA TOUR VERTE, 490 P., 18,50 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - F. F.

Oui, Marcel Car­né a été l’un des plus grands ci­néastes fran­çais. Mais sait-on que « le môme », ain­si que le sur­nom­mait a ec­tueu­se­ment Jean Ga­bin, a été jour­na­liste, avant de pas­ser der­rière la ca­mé­ra ? Pu­bliés dans « Ci­né­monde », dans « Pour vous », dans « Heb­do-Film » ou dans « Vu », ces ar­ticles, pour la pre­mière fois réu­nis en vo­lumes (il y en au­ra un deuxième), té­moignent de la pas­sion et de la culture du jeune Car­né. In­las­sa­ble­ment il s’in­ter­roge sur ce qui fait l’es­sence du ci­né­ma, sur le dy­na­misme des films amé­ri­cains (« du mer­veilleux par­fois voi­lé de poé­sie »), sur la fonc­tion de la mise en scène, et, en 1933, de­mande avec force : « Les écrans fran­çais vont-ils ser­vir la pro­pa­gande fas­ciste ? » Ce qui est frap­pant, dans ces ar­ticles, c’est le mé­lange de re­por­tage terre à terre (tour­nage du der­nier Fey­der) et de théo­rie sur la ma­tière même du ci­né­ma. Voi­là qui fait jus­tice de cette idée stu­pide que c’est Pré­vert qui a fait Car­né, plus tard. Non : Car­né, ici, se ré­vèle. Plus qu’un simple met­teur en images, il avait une haute idée de son art.

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