La chute d’An­to­nio­ni

ZABRISKIE POINT, PAR MICHELANGELO AN­TO­NIO­NI. FILM AMÉ­RI­CAIN, AVEC DARIA HALPRIN, MARK FRECHETTE, ROD TAYLOR (1970, 1H45).

L'Obs - - Critiques - F. F.

Fausse va­leur ab­so­lue : c’est l’un des films por­tés aux nues à sa sortie, l’un des na­nars les plus hi­la­rants de l’ère du flo­wer power. Michelangelo An­to­nio­ni cherche à prendre le train de la mode des six­ties : ré­vo­lu­tion étu­diante, contes­ta­tion uni­ver­si­taire, meurtre d’un jeune Noir, et, pour fi­nir, par­touze gé­né­rale dans la Val­lée de la Mort, au point le plus aride (55 °C à l’ombre), nom­mé Zabriskie Point. Bref, tous les cli­chés em­pi­lés avec un sé­rieux im­per­tur­bable et, pour conclu­sion, ex­plo­sions au ra­len­ti avec livres qui volent, pou­lets en l’air, confi­tures en lé­vi­ta­tion (c’est une cri­tique de la so­cié­té de consom­ma­tion, com­pre­nez bien). Il faut re­voir ce film, pour se rendre compte à quel point une idéo­lo­gie de pa­co­tille sem­blait alors es­sen­tielle, et à quel point An­to­nio­ni pon­ti­fiait. A l’époque, on par­lait d’« exi­gence poé­tique » et d’« en­vo­lée mé­ta­phy­sique ». Et ta soeur, elle est mé­ta­phy­sique, Michelangelo ?

Mark Frechette et Daria Halprin.

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