A NANTES, VOI­LÀ QUE TOUT RE­COM­MENCE…

De­puis des se­maines, chaque ma­ni­fes­ta­tion ou presque contre la loi El Khom­ri trans­forme Nantes-la-pai­sible en camp re­tran­ché. Loin des cli­chés sur la ville où il fait bon vivre, l’écri­vain Jean Rouaud re­vient sur les res­sorts vio­lents mais en­fouis d’une c

L'Obs - - Grands Formats - PAR JEAN ROUAUD

C’est un la­bel qu’on ne dé­cer­nait qu’aux villes ar­ro­gantes et pros­pères. Au bord de l’Adria­tique, la Sé­ré­nis­sime four­nis­sait la me­sure de la beau­té et de l’opu­lence ti­rées du com­merce avec la mer. Il y eut donc un temps où fut ac­cor­dée à Nantes cette haute dis­tinc­tion de « Ve­nise de l’Ouest ». Ce qu’on peine à ima­gi­ner au­jourd’hui, où il est be­soin d’une ba­guette de sour­cier pour re­trou­ver le tra­cé des an­ciens ca­naux dans la ville, au point que l’Erdre, qui se je­tait dans la Loire, s’ar­rête bru­ta­le­ment au bout du cours des 50-Otages, son cours sec­tion­né comme on le fe­rait d’une rue bar­rée, comme si un ven­deur de tours Ei el avait réus­si cet es­ca­mo­tage d’un bras d’eau. Le fleuve royal, qui pas­sait au pied du châ­teau des ducs et rem­plis­sait ses douves, a été re­pous­sé hors de la ville his­to­rique, de l’autre cô­té de la ligne de che­min de fer, mis en qua­ran­taine. Au large, le large, à pré­sent que la porte de l’At­lan­tique s’est re­fer­mée.

De la to­po­gra­phie an­cienne de­meurent ces ap­pel­la­tions mys­té­rieuses pour qui se fie à la dé­fi­ni­tion conve­nue d’une île : une terre en­tou­rée d’eau. On s’éton­ne­ra donc d’une île Fey­deau en cale sèche, d’une île Glo­riette dont j’ai vé­ri­fié sur une carte vue du ciel son an­crage au mi­lieu du bi­tume tel­le­ment, en dé­pit de mon sou­ve­nir, son ap­pel­la­tion nous la re­pré­sente bat­tue par les flots. Du temps que je dé­cou­pais les dé­pêches d’agence, rue San­teuil, pour le compte de « Presse Océan » et « l’Eclair », les deux quo­ti­diens nan­tais que rien ne dif­fé­ren­ciait si­non la une, tel­le­ment ju­meaux que le se­cond fi­nit par dis­pa­raître sans at­tendre la crise de la presse, il est ar­ri­vé qu’on m’en­voie « sur les quais » où étaient si­tués les bu­reaux ad­mi­nis­tra­tifs. Ne trou­vant pas trace du fleuve à cet en­droit, j’ai dou­té la pre­mière fois d’être ar­ri­vé à la bonne adresse. A la place, un large bou­le­vard à la cir­cu­la­tion in­tense. Pour mettre fin au mal­en­ten­du, le quai Ba­co a été re­bap­ti­sé de­puis al­lée Ba­co, mais il au­ra sur­vé­cu cin­quante ans à son com­ble­ment. Don­nant sur le cours des 50-Otages, on trouve en­core une place de l’Ecluse dont on pour­rait trou­ver fan­tai­siste l’in­ti­tu­lé.

Il y a une dou­leur fan­tôme liée à cette mé­moire en­fouie. A Nantes, on a en­ter­ré l’eau. La ville a fait le deuil de la mer, dont elle avait deux siècles plus tôt ti­ré son écla­tante pros­pé­ri­té. En té­moignent les somp­tueux hô­tels par­ti­cu­liers éri­gés par les ar­ma­teurs né­griers. A Nantes, on marche sur une eau dé­funte. Nantes est très exac­te­ment un ci­me­tière ma­rin. Il m’est ar­ri­vé de sug­gé­rer de­vant un ad­joint au maire et au­then­tique Nan­tais ( je ne suis qu’une pièce rap­por­tée de la loin­taine pé­ri­phé­rie, qui plus est ru­rale, qui voyait la ca­pi­tale ré­gio­nale comme le fief des nan­tis), qu’on rouvre les an­ciens ca­naux, qu’on rende à la ville son tra­cé li­quide. L’opé­ra­tion n’au­rait rien de pha­rao­nique. Les bras ont été com­blés dans les an­nées 30 du siècle der­nier avec du sable, sans qu’on touche aux quais. Sous les pa­vés, une longue plage si­nueuse. Mais la ré­ponse fut un niet ca­té­go­rique, ou­tré, comme si j’avais de­man­dé le trans­fert des cendres de Pé­tain à Douau­mont. Ré­gu­liè­re­ment, l’idée re­sur­git, im­mé­dia­te­ment ba­layée pour des rai­sons tech­niques, po­li­tiques ou éco­no­miques. Les ca­naux en­se­ve­lis sont le ser­pent de mer nan­tais.

Il y a quelques an­nées, il y eut une po­lé­mique au­tour de la « mé­moire de l’eau ». On ne sait exac­te­ment ce qu’il en est, mais cette eau cou­pable, ayant par­ti­ci­pé à ce brutal coup de main sur les côtes afri­caines, on ju­gea sans doute, à pré­sent que l’a aire était éven­tée, qu’il était plus prudent de s’en dé­bar­ras­ser, comme on fait dis­pa­raître une preuve à charge. Et les rai­sons o ciel­le­ment avan­cées de ce com­ble­ment ? Une me­sure de sa­lu­bri­té pu­blique, en fi­nir avec les eaux in­fes­tées, un moyen de lut­ter ra­di­ca­le­ment contre les dé­bor­de­ments du fleuve, ou­vrir à la place de grandes ave­nues pour des­si­ner une ville mo­derne. Mais il y a aus­si quelque chose du geste ra­geur d’un en­fant bou­deur dans cette dé­ci­sion prise au len­de­main de la Pre­mière Guerre mon­diale. En fait, c’est l’Océan qui ne vou­lait plus de la ci­té des ducs de Bretagne comme port d’at­tache. L’en­sa­ble­ment du fleuve et l’aug­men­ta­tion du ton­nage n’au­to­ri­sant plus les na­vires à re­mon­ter l’es­tuaire, puisque c’est comme ça, en­sa­blons aus­si les ca­naux. En­tre­temps, toute l’ac­ti­vi­té por­tuaire de la ville s’était dé­por­tée plus en aval, à l’em­bou­chure de la Loire, sur le bord de sa lèvre su­pé­rieure, où avec la bé­né­dic­tion des in­con­tour­nables frères Pe­reire (oui, ceux du bou­le­vard, les Dal­ton du pré­fet Hauss­mann), le vil­lage de pêcheurs de Saint-Na­zaire de­ve­nait la ca­pi­tale de la construc­tion na­vale d’où sor­ti­raient les Ver­sailles flot­tants, luxueux pa­que­bots

trans­at­lan­tiques sno­bant les hô­tels de pierre échoués de la vieille ci­té. Le grand dé­mé­na­ge­ment com­men­çait, qui n’al­lait s’ar­rê­ter qu’à l’as­sè­che­ment to­tal de notre Ve­nise, jus­qu’à la perte de sa cein­ture in­dus­trielle liée aux ac­ti­vi­tés por­tuaires, jus­qu’à la ré­duire à des fonc­tions ad­mi­nis­tra­tives de ronds-de-cuir. Un peu comme si Rim­baud, ayant sur­vé­cu à son am­pu­ta­tion, s’était ins­tal­lé com­mer­çant à Char­le­ville, de sa jambe de bois mar­te­lant le sol de son bureau à l’étage d’où il au­rait sur­veillé par une lu­carne ses em­ployés, res­sas­sant en si­lence ses aven­tures éthio­piennes.

Face à Saint-Na­zaire, la ville in­dus­trielle, ou­vrière, « rouge », océa­nique, Nantes la bour­geoise se re­pliait dans ses terres, et ra­va­lant ses « fo­lies » du e, tra­vaillait à s’ache­ter une res­pec­ta­bi­li­té, à pré­sent que le temps a « blan­chi » son ar­gent dou­teux. Elle se rap­pe­lait sa vo­ca­tion ca­tho­lique (elle est pla­cée sous le pa­tro­nage des saints mar­tyrs Do­na­tien et Ro­ga­tien), ou­bliant son pas­sé « bleu », lors­qu’elle re­pous­sait les hordes de gueux de la vi­rée de Ga­lerne qui avaient été mas­sa­crés avec femmes et en­fants à Sa­ve­nay et sur la butte de Sem, à quelques ki­lo­mètres de ma com­mune na­tale, la­quelle en avait gar­dé une mé­moire de chaux vive, au point qu’on mon­trait en­core dans mon en­fance le champ de ba­taille. A coups d’in­dul­gences plé­nières, la ville se mé­ta­mor­pho­sait en vieille dame pa­tron­nesse, soi­gnant un car­net prous­tien de bonnes adresses : il conve­nait par exemple d’ache­ter sa li­te­rie ici et ses dra­gées rue de Ver­dun. L’ori­gine de la pros­pé­ri­té de Nantes, on la connaît, c’est le fruc­tueux, et peu re­gar­dant sur les prin­cipes, « com­merce tri­an­gu­laire ». Sur les fron­tons de ses hô­tels par­ti­cu­liers, on peut voir en­core des mas­ca­rons têtes de nègre. Nantes qui était une sorte d’île de la Tor­tue se haus­sant du col, Nantes qui avait or­ga­ni­sé avec le ro­man­tique Car­rier des « ma­riages ré­pu­bli­cains » en fai­sant cou­ler au mi­lieu du fleuve des barges où étaient at­ta­chés deux par deux les ci­de­vant, Nantes sno­bée par l’Océan, comme une ré­pu­diée, de dé­pit en­fouis­sait ses ca­naux et por­tait le deuil de sa gloire pas­sée. Iro­nie de l’his­toire, le co­lo­nel Holzt, qui fut, en 1940, le pre­mier Al­le­mand abat­tu dans les rues de Nantes et pour la ven­geance du­quel furent exé­cu­tés qua­rante-huit des cin­quante otages que, pré­voyant, l’oc­cu­pant s’était ré­ser­vés pour se pré­mu­nir de toute ac­tion in­cor­recte à son égard, avait tra­vaillé au com­ble­ment des voies d’eau, six ou sept ans plus tôt. De sorte que cet acte réus­si était aus­si un acte man­qué, que l’on veut voir comme une conti­nui­té ter­ri­to­riale, si l’on consi­dère le ter­ri­toire de la mé­moire, entre le cours de l’Erdre in­ter­rom­pu et le cours des 50-Otages qui le pour­suit et com­mé­more en son in­ti­tu­lé ces exé­cu­tions ca­pi­tales.

Cours des 50-Otages, le fleuve au­to­rou­tier de la ville. Ici com­mence le do­lo­risme nan­tais, qui en­tre­tient à tra­vers le nom des rues, se su­per­po­sant à son pas­sé ma­ri­time en­foui, une ob­sé­dante mar­ty­ro­lo­gie où la guerre re­joint les com­bats pour la pro­pa­ga­tion de la foi : cours des 50-Otages, mais aus­si ave­nue des Mar­tyrs, bou­le­vard des Mar­tyrs-Nan­tais-de-la-Ré­sis­tance, place des Vo­lon­taires-de-la-Dé­fense-Pas­sive, et bien en­ten­du une rue du Cal­vaire. Comment en vou­loir à une ville qui a au­tant sou ert ? De quoi se faire lar­ge­ment par­don­ner le tra­fic ju­teux de vies hu­maines des­ti­né à four­nir les plan­ta­tions des îles en maind’oeuvre gra­tuite, grâce à quoi on trou­vait à Chan­te­nay une raf­fi­ne­rie de sucre. Dans mon en­fance, on se ren­gor­geait de ce sucre de canne qu’on op­po­sait à la mi­sé­rable poudre blanche d’ori­gine bet­te­ra­vière. C’était notre pri­vi­lège. De même que, se­lon Brau­del, les ou­vriers nan­tais du e siècle bu­vaient du ca­fé. Comme l’aris­to­cra­tie pa­ri­sienne. L’éloge du ra ne­ment sur le dos de l’es­cla­vage. Alors vio­lente, Nantes ? Joi­gnez les mains, pre­nez la tête de Louis de Fu­nès, dites : ma biche.

Cours des 50-Otages, au­tant dire une ville « ré­sis­tante », ce qui lui va­lut d’être nom­mée Com­pa­gnon de

Comme en 55, rues dé­vas­tées, vi­trines ex­plo­sées, af­fron­te­ments…

la Li­bé­ra­tion. Pour ses otages, mais aus­si d’avoir été bom­bar­dée les 16 et 23 sep­tembre 1943 par l’avia­tion al­liée qui cher­chait à dé­truire les ins­tal­la­tions por­tuaires et ob­tint sur­tout de ra­ser le centre-ville, pro­vo­quant la mort de 1 500 per­sonnes, par­mi les­quelles il au­rait fal­lu ajou­ter ma mère, la­quelle, sans son cou­sin qui l’en­traî­na dans un abri du ca­fé Mo­lière, de­meu­rait pé­tri­fiée au mi­lieu de l’écrou­le­ment des fa­çades et des im­meubles en feu. Au point que long­temps elle ne put en­tendre le gron­de­ment d’un avion sans trem­bler. Ce qui n’em­pê­cha pas la ville, ou peut-être le fi­telle pour cette se­crète rai­son, d’élire pour maire après la guerre un en­tre­pre­neur ayant oeu­vré à l’édi­fi­ca­tion du mur de l’At­lan­tique et construit la piste d’atterrissage de La Baule-Es­cou­blac où se po­saient les avions al­le­mands, les di­gni­taires na­zis ayant choi­si de prendre leurs quar­tiers d’hi­ver et d’été au bord de ce qu’on pré­ten­dait être la plus belle plage d’Eu­rope. Louis Ou­ry, le vieil écri­vain anar­cho-syn­di­ca­liste, au­teur des « Pro­los », où il ra­conte les grèves vio­lentes de 1955 qui servent de toile de fond à « Une chambre en ville », le film de Jacques De­my, m’a sou­te­nu avoir de forts soup­çons, et peut-être la preuve, que la ville avait fait ap­pel à un an­cien de la Ges­ta­po ayant « tra­vaillé » à Nantes pen­dant la guerre pour ai­der à mater les ma­ni­fes­tants. Mais rien dans les rues de la ville pour com­mé­mo­rer l’as­sas­si­nat de Jean Ri­gol­let, un ou­vrier ma­çon de 24 ans tué d’une balle dans la tête par un CRS lors de la ma­ni­fes­ta­tion du 19 août 1955. Où ? Cours des 50-Otages en­core. Mais rien pour lui dans la ville. Pas une pla­cette, pas une im­passe. Tous les mar­tyrs ne se valent pas. Alors vio­lente, Nantes ?

En sou­ve­nir de cette his­toire, j’avais éga­le­ment sug­gé­ré au maire de Nantes, qui, lors d’un re­tour de cinq an­nées au pays na­tal, nous avait ai­dés à or­ga­ni­ser des ren­contres lit­té­raires, de re­bap­ti­ser le cours des 50-Otages non en cours JeanRi­gol­let (c’était d’em­blée peine per­due, Jean qui ?), mais en cours Jacques-De­my, le­quel ve­nait de mou­rir, et avec un ar­gu­ment de poids : le père du ci­néaste y te­nait un ga­rage avant guerre. J’eus au­tant de suc­cès que pour la ré­ou­ver­ture des ca­naux. Il me fut si­gni­fié sans prendre de gants que ce genre de pro­po­si­tion su sait à faire ca­po­ter une ré­élec­tion. En lan­gage di­plo­ma­tique, ça se tra­duit par : pas de blagues, pas de vagues. La ville sem­blait s’être ré­con­ci­liée avec son pas­sé né­grier en sa­cri­fiant à la re­li­gion de l’aveu, or­ga­ni­sant une ex­po­si­tion sur « les An­neaux de la mé­moire », où avait cou­ru le pu­blic. Tout avait été fait éga­le­ment, par une po­li­tique cultu­relle os­ten­ta­toire, pour re­don­ner à ses ha­bi­tants une image dé­bar­ras­sée des ori­peaux peu sexy hé­ri­tés de la chouan­ne­rie et du couvent des Oi­seaux. C’est une ville « jeune » qui par­ti­ci­pait au fes­ti­val des Al­lu­més, ras­sem­blant des ar­tistes de six grands ports étran­gers (Nantes, un port ?), ap­plau­dis­sait aux géants de mé­tal de Royal de Luxe, rem­plis­sait les salles de concert des Folles Jour­nées, ou du Fes­ti­val des 3 Conti­nents, où le « com­merce tri­an­gu­laire » se fai­sait son ci­né­ma. Contri­tion et ab­so­lu­tion. La page était tour­née.

Mais voi­là que tout re­com­mence. Comme en 55. Rues dé­vas­tées, vi­trines ex­plo­sées, a ron­te­ments, bles­sés, planches clouées aux de­van­tures, les bus qui re­noncent à s’aven­tu­rer dans le centre-ville, les Porsche qui flambent. A Nantes qu’adou­ba Bre­ton dans la phrase fa­meuse de « Nad­ja » ? A Nantes dont Gracq a re­tra­cé la forme à tra­vers ses sou­ve­nirs de ly­céen ? A Nantes où l’on peut voya­ger à dos d’élé­phant mé­ca­nique ? A Nantes où s’in­ven­ta le jeu, eh bien, à la nan­taise, tout en fi­nesse à une touche de balle qui ins­pi­ra (se­lon cer­tains) l’Ajax de Cruy ? A Nantes élue ré­gu­liè­re­ment en tête des villes où il fe­rait bon vivre ? Il est peu pro­bable que les ac­tuels ma­ni­fes­tants ou za­distes de Notre-Dame-des-Landes (après le mal de l’eau, le mal de l’air ?) qui en­va­hissent les ar­tères de la vieille ci­té, s’en pre­nant aux banques, aux agences in­té­ri­maires et im­mo­bi­lières, les res­pon­sables à leurs yeux de notre mal­heur, aient conser­vé la mé­moire du jeune ou­vrier ma­çon abat­tu par les forces de l’ordre, cin­quante et un ans plus tôt. On peut juste leur souf­fler qu’ils par­ti­cipent de ce mil­le­feuille trou­blé, ra­jou­tant une couche de contra­rié­té à une his­toire qui n’a rien d’un « cours » pai­sible.

A ce pro­pos, une der­nière ten­ta­tive, après je n’in­siste plus, pour rap­pe­ler cette mé­moire de l’eau es­ca­mo­tée, peut-être su rait-il, la nuit, qu’une lu­mière bleue ra­sante re­des­sine dans ses rues le par­cours ser­pen­tin du fleuve et de ses a uents. Pour qu’à l’heure des rêves une illu­sion d’op­tique re­donne fu­gi­ti­ve­ment à Nantes son nom de Ve­nise.

Echauf­fou­rées le 26 mai dans le centre-ville lors d’un ras­sem­ble­ment non au­to­ri­sé. En bas, la place Nep­tune, in­ves­tie lors de la grève gé­né­rale du 13 sep­tembre 1955.

RUEDESARCHIVES/AGIP-CITIZENSIDE/JEAN-FÉLIXFAYOLLE/AFP-COUTIER-LACOTE/PICTURETANK

Ci-des­sus, des agri­cul­teurs pen­dant les grèves de Mai-68.

Ce même 26 mai, des ma­ni­fes­tants s’en prennent aux agences ban­caires, dé­trui­sant vi­trines et fe­nêtres.

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