THE NEON DE­MON PAR NI­CO­LAS WIN­DING REFN

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS FORESTIER

Film fan­tas­tique amé­ri­cain, avec Elle Fan­ning, Kea­nu Reeves, Jean Ma­lone (1h57).

Oui, c’est un film qui sus­cite la po­lé­mique. Oui, les cri­tiques, au Fes­ti­val de Cannes, ont bas­ton­né ou ado­ré. Oui, c’est le but de Ni­co­las Win­ding Refn, qui es­time que l’art doit pro­vo­quer des ré­ac­tions tran­chées, voire ex­trêmes. Tou­jours est-il que le réa­li­sa­teur de « Drive » plonge ici dans l’uni­vers de la mode à L.A. et filme la va­cui­té comme s’il était dans un ma­ga­zine sur pa­pier gla­cé. Peu à peu, le film dé­raille vers l’hor­reur, le can­ni­ba­lisme et même la né­cro­phi­lie les­bienne. Les images sont très belles, com­po­sées avec un soin ma­niaque, et l’his­toire de cette jo­lie vierge (Elle Fan­ning, pho­to) qui sup­plante tous les top-mo­dèles vire au conte go­thique. La len­teur du ré­cit, les si­lences sys­té­ma­tiques, l’hor­reur ca­li­brée des scènes fi­nales, tout est ti­ré au cor­deau. On est à l’op­po­sé du ci­né­ma ac­tuel, qui pri­vi­lé­gie la vi­tesse et les ef­fets spé­ciaux. Le contraste est dé­sta­bi­li­sant, presque cho­quant. Ni­co­las Win­ding Refn est-il un songe-creux ou un ar­tiste ins­pi­ré? Un ci­néaste du vide ou un créa­teur hau­tain? On aime ou pas, mais le film laisse une marque puis­sante.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.