Anoh­ni, lan­ceur d’alerte

HOPELESSNESS, PAR ANOH­NI (ROUGH TRADE).

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS ARMANET

La voix est la même, a olante. A 45 ans, An­to­ny (ex-An­to­ny and The John­sons) s’est dé­fi­ni­ti­ve­ment mé­ta­mor­pho­sée en Anoh­ni. Le ro­man­tisme un­der­ground de ses dé­buts a fait place à une élec­tro pop in­car­née (pro­duite par deux têtes cher­cheuses, Hud­son Mo­hawke, d’Edim­bourg, et Oneoh­trix Point Ne­ver, de Brook­lyn). Plus trou­blant, les textes ra­di­caux trans­por­tés par ce timbre an­gé­lique. Stra­té­gie de choc et apo­ca­lypse éco­lo­gique. La ti­mide di­va chante la cha­leur des corps et la terre meur­trie, les tour­billons des drones et les es­pèces en dan­ger, in­ter­pelle dans un man­tra mar­tial Obama sur les lan­ceurs d’alerte et Guantá­na­mo. An­goisse pla­nante, confusion épous­tou­flante : il faut voir le clip de « Drone Bomb Me » où Nao­mi Camp­bell se glisse dans la peau de la chan­teuse trans­genre. Des lèvres noires de la top mo­del brûlent fièvre mi­mé­tique et contes­ta­tion vis­cé­rale.

La chan­teuse Anoh­ni.

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