Le mys­tère Lee

EVER­GLADES, JUNG­JIN LEE. JUS­QU’AU 30 JUILLET, GA­LE­RIE CA­ME­RA OBS­CU­RA, PA­RIS-14E ; 01-45-45-67-08.

L'Obs - - Cri­tiques - BER­NARD GÉ­NIÈS

Troi­sième ex­po­si­tion à la Ga­le­rie Ca­me­ra obs­cu­ra pour Jung­jin Lee, pho­to­graphe co­réenne ins­tal­lée à New York. Après « Thing + Wind » (2012) et « Un­na­med Road » (2015), elle pré­sente une sé­rie d’images prises au coeur des Ever­glades, cette ré­gion ma­ré­ca­geuse si­tuée dans le sud de la Flo­ride. Ici, le monde est sau­vage et obs­cur. Les oi­seaux, per­chés sur la cime des arbres, pa­raissent des guet­teurs si­len­cieux. Par­fois, comme de lourds al­ba­tros, ils jaillissent d’un mas­sif fo­res­tier, leurs ailes et leur corps des­si­nant, a rme la pho­to­graphe, l’idéo­gramme qui, en chi­nois, si­gni­fie « genre hu­main ». Jung­jin Lee est une ar­tiste mi­nu­tieuse. Ses cli­chés, en noir et blanc, sont ob­te­nus après un tra­vail de sen­si­bi­li­sa­tion du pa­pier au pin­ceau. D’où cet as­pect si par­ti­cu­lier qui leur donne par­fois l’ap­pa­rence d’une oeuvre réa­li­sée au fu­sain. Tous les ti­rages, qui sont par la suite nu­mé­ri­sés puis à nou­veau re­tra­vaillés sur or­di­na­teur, sont réa­li­sés sur du pa­pier de mû­rier. Ces images sont des poèmes, pein­tures fra­giles d’un monde ori­gi­nel où la ma­jes­té des pay­sages semble à tout mo­ment sur le point de s’éva­nouir.

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