Rê­ve­ries du pro­me­neur so­li­taire

Dans les Vosges ou le Ver­cors, les mas­sifs offrent leurs flancs aux mar­cheurs en quête de ba­lades ins­pi­rées

L'Obs - - Spécial Montagne En Été - CLAIRE FLEU­RY ET MA­RIE VATON

L’ES­PRIT DES VOSGES

C’est le plus mé­con­nu des mas­sifs fran­çais, le se­cret le mieux gar­dé des amou­reux des val­lons sau­vages et sans chi­chis. A che­val sur la Lorraine, l’Alsace et la Fran­cheCom­té, le mas­sif des Vosges (pho­to) offre ses flancs ar­ron­dis et ses crêtes ro­cailleuses aux adeptes de « slow al­ti­tude » qui pré­fèrent, à la per­for­mance que per­mettent les som­mets al­pins voi­sins, la quié­tude de ses forêts mous­seuses, le cla­po­tis de ses ruis­seaux clairs, le bleu mys­té­rieux de ses brumes ma­ti­nales. C’est en ar­pen­tant ses val­lons du nord au sud, à tra­vers l’iti­né­raire du GR 5, que l’on dé­couvre d’abord le pa­tri­moine mé­dié­val consi­dé­rable de la ré­gion, di­ri­gée d’une main de fer par la puis­sante dy­nas­tie des Ho­hens­tau­fen. Pour im­po­ser le pou­voir im­pé­rial aux al­liés du pape entre Rhin et Vosges, Fré­dé­ric le Borgne et ses des­cen­dants firent construire, entre le xe et le xive siècle, plus de 400 châ­teaux forts, dont il ne reste au­jourd’hui que des ves­tiges mé­lan­co­liques, par­tiel­le­ment ré­no­vés ou man­gés par le lierre. En gra­vis­sant la ligne de crête vers le sud, du col du Cal­vaire au col de la Schlucht, on ar­rive au Ga­zon du Faing, une lande sau­vage de chaumes bat­tues par les vents, qui sur­plombe deux an­ciens lacs gla­ciaires, le grand lac Blanc et le pe­tit lac Noir. Au point culmi­nant de la tra­ver­sée, le Grand Bal­lon et ses 1 424 mètres d’al­ti­tude, le sen­tier re­des­cend dou­ce­ment vers la fo­rêt et les cas­cades du Saut de la Truite jus­qu’à Bel­fort, point fi­nal de la ran­don­née. M. V.

MARCHE NORDIQUE DANS LE VER­CORS

Un pe­tit trou­peau de vaches pro­fite de l’herbe grasse. Les mar­cheurs, eux, se re­paissent de la vue sur la chaîne de Bel­le­donne, en face, et la val­lée de Gre­noble, en contre­bas. La mé­tro­pole est seule­ment à un quart d’heure de voi­ture. Mais à Au­trans, comme sur tout le pla­teau du Ver­cors, rien n’a vrai­ment chan­gé de­puis des siècles. Ni les sa­pins et les prai­ries pi­quées d’épi­lobes en épi ni les grandes fleurs sau­vages. Pour au­tant, les ran­don­neurs qui ad­mirent cette na­ture mon­ta­gnarde sa­vourent aus­si la tech­no­lo­gie de pointe de leurs bâ­tons de marche, ul­tra­lé­gers et équi­pés de gan­te­lets qui per­mettent de les lâ­cher sans les perdre, pour ga­gner en am­pleur de mou­ve­ment lorsque le bras est à l’ar­rière. Car la marche nordique, « c’est avant tout un sport com­plet, comme l’avi­ron », ex­plique la mo­ni­trice Anne-Laure Mi­gne­rey. « Le plai­sir de la ba­lade, en plus », rec­ti­fie une adepte de la dis­ci­pline. Après la ran­don­née, une tarte aux myr­tilles au re­fuge des Fe­neys met tout le monde d’ac­cord. Le len­de­main, sur la piste en bi­tume de l’Es­pace Biath­lon Ski-Roue de Cor­ren­çon-en-Ver­cors, des rol­lers aux pieds, des bâ­tons à la main, et une ca­ra­bine de 22 long rifle sur le dos, on re­gret­te­ra les moel­leuses prai­ries d’Au­trans. Mais on rou­gi­ra de fier­té en cô­toyant les grands bi­ath­lètes fran­çais qui viennent ici s’en­traî­ner l’été. C. F.

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