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Les vé­hi­cules de fonc­tion sont dé­sor­mais équi­pés du meilleur de la tech­no­lo­gie. Une ma­nière de choyer les col­la­bo­ra­teurs. Mais aus­si de cher­cher à faire des éco­no­mies en sa­chant tout de leur conduite…

L'Obs - - Spécial Montagne En Été - DOS­SIER CONÇU PAR AGENCE FO­RUM NEWS ; RÉ­DAC­TION EN CHEF CA­RO­LINE BRUN ; RÉ­DAC­TION THIER­RY LORMON

Rou­ler à bord d’un nou­veau mo­dèle pour­vu des équi­pe­ments der­nier cri fait par­tie des plai­sirs que le bé­né­fi­ciaire d’une voi­ture de fonc­tion ne bou­de­ra pas. Sa­tis­fac­tion fi­nan­cière (l’avan­tage en na­ture a un prix cer­tain) et sa­tis­fac­tion sym­bo­lique – le pou­voir se jau­geant aus­si à la ca­pa­ci­té d’ob­te­nir ces pe­tits plus… Les construc­teurs, eux, ne cessent d’in­no­ver pour sé­duire les ges­tion­naires de flottes et leurs col­la­bo­ra­teurs. La clien­tèle pro­fes­sion­nelle est en e et de­ve­nue cru­ciale pour la plu­part d’entre eux – elle peut re­pré­sen­ter jus­qu’à la moi­tié des ventes de Re­nault, par exemple. D’au­tant qu’un in­di­ca­teur dé­ter­mi­nant, le To­tal Cost of Ow­ner­ship (TCO), a to­ta­le­ment re­bat­tu les cartes, car il prend en compte tous les frais liés à la dé­ten­tion d’un vé­hi­cule, du prix d’achat à la fac­ture d’es­sence, en pas­sant par le coût de l’as­su­rance, et ra­mène cette fac­ture glo­bale à un loyer men­suel. Et c’est ce loyer qui de­vient le cri­tère de choix d’une au­to­mo­bile de fonc­tion. In­utile de dire que la concur­rence est fé­roce! Grâce à une meilleure va­leur de re­vente, le TCO d’un vé­hi­cule pre­mium n’est guère su­pé­rieur à ce­lui d’un vé­hi­cule d’un construc­teur gé­né­ra­liste. Il faut donc sé­duire l’uti­li­sa­teur fi­nal en o rant, sur les ver­sions

bu­si­ness, toute une pa­lette de pe­tites at­ten­tions tech­no­lo­giques pour fa­ci­li­ter la vie de l’oc­cu­pant : ra­dar de re­cul, kit mains libres, alerte d’angle mort, in­di­ca­teur de dé­pas­se­ment de la vi­tesse au­to­ri­sée (pour les mo­dèles do­tés d’un lec­teur de pan­neaux au­to­ma­tique), alerte so­nore en cas de fran­chis­se­ment de ligne, et même cor­rec­tion de tra­jec­toire en cas de faute d’in­at­ten­tion du conducteur…

Le raf­fi­ne­ment high-tech est tel qu’on en ou­blie­rait presque que l’élec­tro­nique em­bar­quée et le GPS sont aus­si là pour ser­vir les in­té­rêts de l’en­tre­prise… Au­jourd’hui, les so­lu­tions comme celles pro­po­sées par TomTom Te­le­ma­tics et son Web­fleet Op­tiD­rive per­mettent de connaître en temps réel la po­si­tion ain­si que la vi­tesse d’un vé­hi­cule. Le boî­tier croise à l’ins­tant T ces don­nées avec celles de la carte routière et alerte di­rec­te­ment le conducteur s’il aborde un vi­rage à une vi­tesse ex­ces­sive ou s’il accélère trop fort entre deux feux. D’un point de vue lé­gal, ce genre de dis­po­si­tif ne pose pas de pro­blème par­ti­cu­lier pour les voi­tures de so­cié­té, « puisque, par dé­fi­ni­tion, le vé­hi­cule est mis à dis­po­si­tion du sa­la­rié pen­dant les heures de tra­vail. Il n’est donc pas illégitime qu’un em­ployeur puisse sa­voir où il se trouve, dé­clare Ré­my Jos­seaume, avo­cat spé­cia­liste en droit rou­tier. Mais ce­la ne doit pas se faire à l’in­su du sa­la­rié. L’em­ployeur a l’obli­ga­tion de faire une dé­cla­ra­tion préa­lable à la Cnil et aux ins­tances représentatives des sa­la­riés – co­mi­té d’en­tre­prise et CHSCT en tête, pré­cise l’avo­cat. En re­vanche, s’il s’agit d’une voi­ture de fonc­tion qui est éga­le­ment uti­li­sée le week-end à titre pri­vé, il y a une vraie confron­ta­tion entre ce qui re­lève de la sphère pro­fes­sion­nelle et ce qui re­lève de la vie pri­vée. Ce­la peut po­ser pro­blème s’il n’y a pas de pos­si­bi­li­té d’ar­rê­ter le dis­po­si­tif de géo­lo­ca­li­sa­tion ». Et si, se­lon Daniel Vas­sal­luc­ci, fon­da­teur de Map­ping Con­trol, « la géo­lo­ca­li­sa­tion n’est uti­li­sée que dans 10 à 15% des flottes d’en­tre­prise pour des uti­li­sa­tions très spé­ci­fiques, comme l’op­ti­mi­sa­tion de tour­nées », ce­la n’em­pêche pas l’em­ployeur de cher­cher à sa­voir comment

se com­portent ses col­la­bo­ra­teurs au vo­lant… Car l’en­jeu est énorme. Se­lon l’Ob­ser­va­toire du Vé­hi­cule d’En­tre­prise (OVE), le style de conduite d’un col­la­bo­ra­teur peut « ma­jo­rer de 20 à 50% le TCO ». Hausse des frais d’es­sence, des frais d’en­tre­tien, mais aus­si du nombre de contra­ven­tions et, plus grave, des ac­ci­dents. L’im­pact de la conduite des « fous du vo­lant » est consi­dé­rable. Pour ten­ter d’en li­mi­ter les consé­quences, les construc­teurs com­mencent à équi­per leurs mo­dèles de boî­tiers per­met­tant de faire re­mon­ter les in­for­ma­tions en temps réel au ges­tion­naire de flotte. Re­nault et PSA font fi­gure de pré­cur­seurs en la ma­tière, et pro­posent des dis­po­si­tifs de « pre­mière monte », c’est-à-dire ins­tal­lés dans le vé­hi­cule lors de son as­sem­blage en usine. « Nous pou­vons ana­ly­ser pré­ci­sé­ment le style de conduite d’un col­la­bo­ra­teur en re­cueillant les don­nées sur les ac­cé­lé­ra­tions, le frei­nage et les vi­tesses de pas­sage en courbe », ex­plique Sté­phane Chaus­sat, di­rec­teur des opé­ra­tions chez Kuan­tic, qui four­nit les boî­tiers au groupe PSA. Ces dis­po­si­tifs ne sont pas nou­veaux, et sont dé­jà pro­po­sés par des four­nis­seurs in­dé­pen­dants ou par des loueurs de longue du­rée. Mais re­cueillir les don­nées ne su t pas. « Nous sa­vons que, par prin­cipe, l’in­tru­sion de tels sys­tèmes est mal vé­cue, sur­tout si, in fine, les mau­vais conduc­teurs sont convo­qués et sanc­tion­nés par leur su­pé­rieur », dé­taille Maxime Sar­to­rius, de Di­rect Fleet, ges­tion­naire de flotte au­to, qui a fait le choix de res­pon­sa­bi­li­ser le conducteur via l’édi­tion d’un rap­port men­suel. Même dis­cours chez Ubee­qo, dont l’ap­pli­ca­tion de fleet ma­na­ge­ment (ges­tion de flotte dé­lé­guée) per­met de faire re­mon­ter les in­for­ma­tions en temps réel à la fois au ges­tion­naire et au conducteur : « On sait que deux tiers des em­ployés sont prêts à suivre des conseils pour amé­lio­rer leur ma­nière de conduire, ex­plique Emmanuel Ne­de­lec, son fon­da­teur. Plu­tôt qu’une ana­lyse a pos­te­rio­ri, nous per­met­tons au conducteur d’avoir accès di­rec­te­ment aux in­for­ma­tions pour qu’il puisse agir sur sa conduite ins­tan­ta­né­ment. » Les édi­teurs de so­lu­tions de ges­tion de flotte cherchent en e et à conci­lier les im­pé­ra­tifs de ges­tion de coûts des en­tre­prises avec la di­men­sion plai­sir et pres­tige de la voi­ture de fonc­tion. Pour ce­la, ils pro­posent presque tous des mo­dules d’écoconduite, avec la pos­si­bi­li­té d’or­ga­ni­ser des chal­lenges entre col­la­bo­ra­teurs. Et ten­ter ain­si de pro­mou­voir l’es­prit de com­pé­ti­tion… éco­no­mique.

Grâce à la tech­no­lo­gie, les vé­hi­cules sont de plus en plus au­to­nomes. Ci-des­sus, la Mo­del S de Tes­la.

Le ta­bleau de bord de la BMW Sé­rie 5, équi­pée de dis­po­si­tifs d’as­sis­tance à la conduite.

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