Les mères des vic­times pour une confron­ta­tion

L'Obs - - En Cou­ver­ture -

Il ne veut pas par­ler. « Je veux faire usage de mon droit au si­lence », a ré­pon­du Sa­lah Ab­des­lam à cha­cune des ques­tions po­sées par le juge le 20 mai. Même la lec­ture des 130 noms des vic­times ne l’a pas fait cil­ler. Mis en exa­men pour as­sas­si­nat et com­pli­ci­té d’as­sas­si­nat à ca­rac­tère ter­ro­riste, dé­ten­tion et usage d’armes et d’ex­plo­sifs, et sé­ques­tra­tion pour les faits com­mis au Ba­ta­clan, Sa­lah Ab­des­lam est dé­te­nu de­puis le 27 avril à l’iso­le­ment à Fleu­ry-Mé­ro­gis. « Pour les vic­times, ce si­lence est in­sup­por­table, ré­agit Me Sa­mia Mak­touf, avo­cate de 17 fa­milles de vic­times. Cer­taines at­ten­daient beau­coup de son trans­fè­re­ment vers la France, en pen­sant qu’il pour­rait ap­por­ter des ré­ponses. » De­vant le mu­tisme du seul sur­vi­vant des com­man­dos ter­ro­ristes, cer­tains proches des vic­times – et no­tam­ment des mères – en­vi­sagent de de­man­der d’être confron­tées à lui. Avec des mots de mères, avec leurs émo­tions, elles pensent pou­voir réus­sir à le faire par­ler. « Mais même s’il parle, comme il l’a dé­jà fait en Bel­gique, di­ra-t-il la vé­ri­té ? » s’in­ter­roge Sa­mia Mak­touf. Con­tac­té, l’avo­cat de Sa­lah Ab­des­lam, Me Frank Ber­ton, n’a pas don­né suite. En ac­cep­tant de prendre sa dé­fense, l’avo­cat lil­lois avait ex­pli­qué qu’il ne res­te­rait pas à ses cô­tés si Sa­lah Ab­des­lam dé­ci­dait de se taire…

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