LE PRO­FES­SEUR DE VIO­LON PAR SER­GIO MACHADO

L'Obs - - Critiques - F. F.

Drame bré­si­lien, avec La­za­ro Ra­mos, El­zio Viei­ra (1h40).

L’un de ces films rares, qui font preuve d’une gé­né­ro­si­té cha­leu­reuse. Soit Laerte (La­za­ro Ra­mos, pho­to), vio­lo­niste noir, qui veut être en­ga­gé dans l’or­chestre sym­pho­nique de Sao Pau­lo. Re­ca­lé, il se re­cycle dans les fa­ve­las, et se met à en­sei­gner la mu­sique à des ga­mins des rues. Entre membres de gangs, pe­tits dea­lers agres­sifs, in­com­pré­hen­sion des dé­buts, le mu­si­cien a du mal à trou­ver sa place. Mais, peu à peu, il y ar­rive, et cer­tains de ces en­fants, qui n’ont d’autre ho­ri­zon que la vio­lence, vont trou­ver, dans la mu­sique, un che­min in­es­pé­ré… C’est du Walt Dis­ney ? Non. C’est la réa­li­té : il y a un type, au Bré­sil, Sil­vio Bac­ca­rel­li, qui a fon­dé une école de mu­sique pour en­fants dé­fa­vo­ri­sés. Et il y a quelque chose de très émou­vant à voir ces ra­cailleux, ces ou­bliés, ces voyous et ces ga­mins mi­sé­rables tou­cher des ins­tru­ments qui leur confèrent, ins­tan­ta­né­ment, une no­blesse in­at­ten­due. Ser­gio Machado, lui-même fils de mu­si­ciens, sait de quoi il parle. Il bat, dans son film, un coeur gros comme ça, et, comme le disent les Bré­si­liens, « Ta bom ! » – C’est bon.

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