Vies mi­nus­cules

JE ME SOU­VIENS DE TOUS VOS RÊVES, PAR RE­NÉ FRÉ­GNI, GAL­LI­MARD, 160 P., 14 EU­ROS.

L'Obs - - Cri­tiques - VIR­GI­NIE CRES­CI

« Qui pour­rait ima­gi­ner, sans rire, que cette écri­ture d’en­fant est pu­bliée chez Gal­li­mard, dans la si pres­ti­gieuse col­lec­tion Blanche… », s’étonne Re­né Fré­gni, dans ce ro­man qui n’en est pas un. Ça res­semble plu­tôt à un ca­hier de notes, ran­gées de sep­tembre 2014 à fé­vrier 2015, mois tris­te­ment si­len­cieux après les « trois jours de sang » de jan­vier. Sous l’égide de Gio­no, Fré­gni peint la Pro­vence, son « im­mense ciel bleu », les quar­tiers po­pu­laires de Mar­seille où il est né, les val­lées de Ma­nosque (pho­to) où il vit. « Dans ce ca­hier, je ne bâ­tis pas un ro­man, j’écris le ro­man de nos vies et toutes nos vies sont bien plus ro­ma­nesques qu’un ro­man », écrit-il. Ses per­son­nages ne sont pas des hé­ros. Ils ha­bitent là, tout sim­ple­ment, vi­vants comme vous et moi. On croise un li­braire fou, une voi­sine toxi­co­mane, un in­gé­nieur SDF, des dé­te­nus des Bau­mettes – des « âmes fortes di­rait Gio­no ». On dé­couvre pe­tit à pe­tit que ce livre humble et simple est so­cial sans avoir l’air de l’être, et que Fré­gni a cher­ché à « dire avec son sty­lo quelques mots sur les ra­cines de l’in­jus­tice ».

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