Ve­ry long trip

MACADAM À DEUX VOIES, PAR MONTE HELLMAN. FILM AMÉ­RI­CAIN, AVEC JAMES TAY­LOR, DEN­NIS WIL­SON, LAURIE BIRD (1971, 1H30).

L'Obs - - Critiques - F. F.

L’un des films les plus étranges et fas­ci­nants des se­ven­ties. Pas de dia­logues, pas de psy­cho­lo­gie, pas d’en­jeu dra­ma­tique, pas d’ex­pli­ca­tions, pas de conclu­sion. Juste le trip de deux hommes ano­nymes – The Dri­ver et The Me­cha­nic – qui tra­versent les Etats-Unis en dis­pu­tant des courses sau­vages. Che­min fai­sant, ils em­barquent une fille, et se me­surent à un autre conduc­teur tout au long de la Route 66. Che­vy 55 contre GTO 70 : duel sans mer­ci. D’un scé­na­rio mi­ni­ma­liste, dé­tes­té par ses pro­duc­teurs (qui vou­dront en­ter­rer le film à sa sor­tie), le réa­li­sa­teur Monte Hellman tire une ma­nière de chef-d’oeuvre, in­fi­ni­ment plus maî­tri­sé et puis­sant que tous les autres road-mo­vies de l’époque. Avec le temps, « Macadam à deux voies » est de­ve­nu un clas­sique : joué par deux mu­si­ciens, James Tay­lor, (l’au­teur de « Mud Slide Slim ») et Den­nis Wil­son (le bat­teur des Beach Boys, mort noyé en 1983), il a un par­fum de rock’n’roll at­ti­tude. Film ni­hi­liste (no fu­ture) ? Peut-être. Film poé­tique, en tout cas, dur, noir, ob­sé­dant, ma­gni­fique.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.