MO­LIÈRE RE­TROUVE SA MU­SIQUE

L'Obs - - Cri­tiques - J. N.

Mon­sieur de Pour­ceau­gnac, de Mo­lière et Lul­ly. Bou es du Nord, Pa­ris-10e, 01-46-07-34-50, 20h30. Jus­qu’au 9 juillet.

Cet an­cêtre des courses-pour­suites des vau­de­villes de La­biche et des films de Bus­ter Kea­ton n’est pas la pièce la plus sub­tile de Mo­lière. A sa dé­charge, il n’a eu que trois se­maines pour l’écrire et la ré­pé­ter avant d’en ré­ga­ler le roi. A pré­sent on a pris l’ha­bi­tude de la mon­ter sans les in­ter­mèdes de Lul­ly. Ici, entre les co­mé­diens, les chan­teurs et les mu­si­ciens des Arts Flo­ris­sants di­ri­gés par l’illustre ba­ro­queux William Ch­ris­tie, on compte 25 per­sonnes sur scène. Tout le monde ne peut pas s’of­frir un pla­teau aus­si co­pieux. Et puis, di­sons-le sans am­bages, quelque plai­sir qu’on y prenne, les in­ter­mez­zos lestent la re­pré­sen­ta­tion. Si l’on com­pare ce « Pour­ceau­gnac » à des ver­sions an­té­rieures (celle de Phi­lippe Adrien par exemple, avec l’in­ou­bliable Jean-Pol Du­bois), on voit bien que la mu­sique ra­len­tit le tem­po. Néan­moins le spec­tacle reste plai­sant. Grâce à l’en­joue­ment de la mise en scène de Clé­ment Her­vieu-Lé­ger. Et au tou­jours dé­li­cieux Gilles Pri­vat, d’une naï­ve­té et d’une bon­ho­mie si tou­chantes qu’on ne peut s’em­pê­cher de prendre Pour­ceau­gnac en sym­pa­thie mal­gré sa fa­tui­té. On di­rait un la­pin qui a une meute hur­lante à ses trousses. Ce qu’il a fait pour mé­ri­ter ça ? Il a com­mis deux pé­chés im­par­don­nables. D’abord, ce bour­geois se dit gen­til­homme. Plus grave que tout, ce na­tu­rel de Li­moges pré­tend à la main d’une Pa­ri­sienne. Sus au Li­mou­geaud ! Ha­ro sur Pour­ceau­gnac !

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