Pour­quoi les Grecs ont ra­té Abaaoud

L'Obs - - Le Téléphone Rouge - VIO­LETTE LA­ZARD ET VINCENT MON­NIER

C’est l’une des ré­vé­la­tions faites par la com­mis­sion d’en­quête par­le­men­taire sur les moyens de lutte contre le ter­ro­risme, qui vient de ter­mi­ner ses tra­vaux. D’après nos in­for­ma­tions, les dé­pu­tés ont dé­cou­vert lors de leurs nom­breux dé­pla­ce­ments en Eu­rope que les au­to­ri­tés belges avaient man­qué l’oc­ca­sion d'ar­rê­ter Ab­del­ha­mid Abaaoud (l’un des cer­veaux des at­ten­tats du 13 no­vembre, mort lors de l’as­saut de Saint-De­nis) en jan­vier 2015. A cette date, les au­to­ri­tés grecques af­firment avoir pré­ve­nu leurs ho­mo­logues belges de la pré­sence à Athènes du dji­ha­diste, qui fi­gu­rait dé­jà par­mi les plus re­cher­chés d’Eu­rope. Abaaoud, dé­cou­vri­ront les en­quê­teurs plus tard, était alors en Eu­rope pour co­or­don­ner la « cel­lule Ver­viers », ces ter­ro­ristes pré­su­més qui s’ap­prê­taient à frap­per Bruxelles. Ils se­ront ar­rê­tés avant de pas­ser à l’ac­tion par les Belges… qui ou­blie­ront juste de pré­ve­nir les Grecs de leur opé­ra­tion. « Les Grecs ont été aler­tés quinze mi­nutes à peine avant les ar­res­ta­tions de Ver­viers, re­late une source proche du dos­sier. S’ils avaient été aver­tis plus tôt, ils au­raient pu ar­rê­ter Abaaoud à Athènes si­mul­ta­né­ment. Quand ils sont ar­ri­vés à l’en­droit où il avait été lo­ca­li­sé, bien en­ten­du, il était trop tard. » La com­mis­sion d’en­quête, qui pré­co­nise un ren­for­ce­ment de la co­opé­ra­tion en Eu­rope et se montre éga­le­ment très cri­tique en­vers le contre-ter­ro­risme fran­çais, doit rendre son rap­port d’en­vi­ron 500 pages le 12 juillet.

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