Au PSU, un chef de par­ti “jo­vial”

L'Obs - - Rocard & Nous - A. S.

En 1967, Ro­card prend les rênes du Par­ti so­cia­liste uni­fié. Un an plus tard, le jour­na­liste et fon­da­teur de « Po­li­tis » Ber­nard Lan­glois prend sa carte au PSU. De­ve­nu ré­dac­teur en chef de « Tri­bune so­cia­liste », l’heb­do du par­ti, Lan­glois se sou­vient d’un voyage de trois se­maines en tête à tête avec Ro­card. Nous sommes en 1973. Fraî­che­ment bat­tu aux lé­gis­la­tives, le pa­tron du PSU se rend au Pro­cheO­rient à l’in­vi­ta­tion de la Ligue arabe. En Egypte, en Irak, en Sy­rie et au Li­ban, Ro­card en­chaîne les ren­dez-vous avec les di­ri­geants des par­tis amis. « C’était un chef de par­ti jo­vial, avec un cô­té boy scout, se sou­vient Lan­glois, mar­qué par l’épi­sode égyp­tien. Nous n’avions pas du tout pré­vu de faire du tourisme. Mais il trou­vait un peu dom­mage de ne rien voir. Nous avons ob­te­nu de ral­lon­ger notre voyage de deux jours et nous sommes par­tis faire une ba­lade à bour­ri­cot dans la Val­lée des Rois. Au Caire, nous avons joué au black jack au ca­si­no de l’hô­tel She­ra­ton. Au der­nier étage, il y avait une boîte de nuit où l'on pou­vait se faire prê­ter une veste. Il avait hé­ri­té d’un smo­king dix fois trop grand pour lui. Je me rap­pelle en­core de lui en train de dan­ser avec des hô­tesses de l’air qui se trou­vaient là. » Les che­mins po­li­tiques des deux hommes ont di­ver­gé en­suite : à la veille du ré­fé­ren­dum sur Maas­tricht, en 1992, Ro­card en­voie une lettre à son an­cien ami : « Il vou­lait me convaincre que “Po­li­tis” ne de­vait pas prendre par­ti contre, ra­conte Lan­glois. Evi­dem­ment, je ne l’ai pas écou­té. »

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