Le fias­co de l’ap­pel de Con­flans

L'Obs - - Rocard & Nous - M. T., M. G. et A. S.

« Dé­but 1980, Mit­ter­rand était à la dé­rive. Cer­tains son­dages pré­di­saient que Ro­card fe­rait mieux que lui face à Gis­card d’Es­taing », se sou­vient Ch­ris­tian Blanc, alors son di­rec­teur de ca­bi­net et son bras droit. Le 19 oc­tobre 1980, Ro­card se dé­cide à se dé­cla­rer can­di­dat à la pré­si­den­tielle de­puis la mai­rie de Con­flans-Sain­te­Ho­no­rine (Yve­lines), conquise trois ans plus tôt. Jean-Paul Hu­chon, alors maire ad­joint, se sou­vient de cet épi­sode par­ti­cu­liè­re­ment dé­sas­treux, « la­men­table », dit-il même : « On me dit : “Il faut que tu trouves un bu­reau Louis XVI !” Vous ima­gi­nez le dé­cor dans cette mai­rie. A ce mo­ment-là, il y a une al­ter­ca­tion entre Mi­chèle, sa femme, qui est contre cet ap­pel, et Ch­ris­tian Blanc, qui est pour. Et au même mo­ment, une alerte à la bombe… Et ce n’était pas Mit­ter­rand ! On me de­mande de l’ac­com­pa­gner, his­toire de le dé­ri­der. Je monte avec lui les deux étages et je me rends compte qu’il ne veut pas y al­ler ! Phy­si­que­ment, qu’il n’est pas prêt. » Trois ca­mé­ras sont là. Mais pen­dant son al­lo­cu­tion, Ro­card ne re­garde pas la bonne. L’opé­ra­tion tourne au fias­co mé­dia­tique. « Il était su sam­ment in­tel­li­gent pour com­prendre im­mé­dia­te­ment que ça n’avait pas mar­ché », se sou­vient Ch­ris­tian Blanc. Hu­chon, lui, n’a pas ou­blié qu’« après coup, il pré­ten­dra qu’on l’a obli­gé à re­gar­der la mau­vaise ca­mé­ra… ».

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