Quand Ro­card ma­rie Ma­ri­sol Tou­raine

L'Obs - - Rocard & Nous - C. B.

Quand il ma­rie Ma­ri­sol Tou­raine, alors sa conseillère tech­nique à Ma­ti­gnon, en sep­tembre 1989, le Pre­mier mi­nistre Mi­chel Ro­card, re­vê­tu de son écharpe de maire de Con­flans-Sainte-Ho­no­rine, adresse un mot à son fu­tur époux : « Il me semble que vous étiez au PSU, non ? » Le fian­cé n’a pas le temps de ré­pondre que Ro­card est dé­jà par­ti dans une longue di­gres­sion sur l’his­toire de l’ex­trême gauche. Puis, au bout d’un mo­ment : « Bon, il faut quand même que je vous ma­rie »… Après le vin d’hon­neur, le Pre­mier mi­nistre a pour­sui­vi, in­ta­ris­sable sur l’his­toire de la gauche. C’est tout Ro­card. La po­li­tique avant, pen­dant, après. La po­li­tique et le mi­li­tan­tisme avant le reste. A Ma­ti­gnon, la po­li­tique est là aus­si. A cô­té des « tech­nos » de ri­gueur, il a ses fi­dèles, Hu­chon, Col­mou, Valls. Il a aus­si fait le choix d’une équipe très jeune. Cer­tains, comme Ma­ri­sol Tou­raine, ont à peine 30 ans. C’est un pa­tron ac­ces­sible. On peut pous­ser sa porte en ayant pré­ve­nu son di­rec­teur de ca­bi­net. Il se ré­vèle très « opé­ra­tion­nel », « di­dac­tique », très concret, loin des ré­flexions stra­to­sphé­riques dont il a le se­cret. « Il n’était pas du tout hors-sol. » « Bon­jour Mi­chel, comment-al­lez-vous ? », lui dit Ma­ri­sol Tou­raine, qui vient lui rendre vi­site en juin 1997, après la vic­toire de la gauche aux lé­gis­la­tives. Elle vient alors d’être élue dé­pu­tée d’Indre-et-Loire. Alors, Ro­card à sa nou­velle « col­lègue » : « Main­te­nant, on se tu­toie. »

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