LA PO­LI­TIQUE ET LE BON­HEUR

L'Obs - - Rocard & Nous -

Je n’aime pas que les or­ga­ni­sa­tions po­li­tiques s’oc­cupent du bon­heur. Le mot « bon­heur » évoque l’épa­nouis­se­ment hu­main dans sa to­ta­li­té et l’idée qu’une or­ga­ni­sa­tion po­li­tique agi­ra en fonc­tion d’une pers­pec­tive du bon­heur ou, pis, se sente res­pon­sable de réa­li­ser le bon­heur des hommes est une idée to­ta­li­taire dans sa na­ture. J’irai même jus­qu’à dire qu’il y a des traces de fas­cisme dans cette idée. Je me bats, pour ma part, en fa­veur d’une mo­des­tie des po­li­tiques. Notre rôle est d’as­su­rer les condi­tions col­lec­tives mi­ni­males, éco­no­miques, so­ciales et po­li­tiques qui donnent à cha­cune et à cha­cun les plus grandes et les plus di­verses pos­si­bi­li­tés d’as­su­rer son bon­heur per­son­nel et pas plus. Cer­tains as­pects de ce son­dage sont pas­sion­nants. Exemple in­at­ten­du : 43% des Fran­çais voient dans la re­traite l’oc­ca­sion d’une nou­velle exis­tence. C’est peu­têtre la pers­pec­tive de la fin d’une société liée au travail vé­cu comme un es­cla­vage per­ma­nent.

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