LES 32 HEURES

L'Obs - - Rocard & Nous -

Je pré­fère par­ler de la se­maine de quatre jours. Il faut d’abord faire com­prendre aux Fran­çais qu’il ne s’agit pas seule­ment d’un moyen de lut­ter contre le chô­mage, mais aus­si d’un chan­ge­ment de men­ta­li­té et, à terme, d’un chan­ge­ment de société. Que constate-t-on au­jourd’hui ? La réus­site so­ciale se me­sure presque ex­clu­si­ve­ment au suc­cès pro­fes­sion­nel. Très peu de gens tirent leur épa­nouis­se­ment per­son­nel d’autre chose que de leur travail. C’est ce­la qu’il faut com­men­cer à chan­ger. Il faut pou­voir vivre au­tre­ment. Avec trois jours d’ar­rêt heb­do­ma­daire, des hommes, des femmes pour­ront s’ac­com­plir di érem­ment, par exemple en par­ti­ci­pant à la vie as­so­cia­tive, à des ac­ti­vi­tés spor­tives, cultu­relles, ou tout sim­ple­ment en consa­crant da­van­tage de temps à leur fa­mille, à leurs amis, etc. Pour cer­tains, ce se­ra l’oc­ca­sion de com­pen­ser les frus­tra­tions de leur vie pro­fes­sion­nelle. C’est pour ce­la que j’in­siste sur le dé­compte en jours plu­tôt qu’en heures : il s’agit de cas­ser cette ré­fé­rence ex­clu­sive à l’or­ga­ni­sa­tion du travail.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.