JE VOTE DE­LORS

L'Obs - - Rocard & Nous -

La pre­mière rai­son est d’ordre éthique. Gou­ver­ner, c’est choi­sir et aus­si en­traî­ner. On ne sau­rait le faire sans confiance col­lec­tive. Et la confiance ne de­vrait plus al­ler qu’à des hauts res­pon­sables in­soup­çon­nables, quant à l’ar­gent évi­dem­ment, mais in­soup­çon­nables aus­si quant au poids re­la­tif des convic­tions et des cal­culs po­li­ti­ciens dans leurs dé­ci­sions. Ce sont là les condi­tions ma­jeures du re­tour à la conscience ci­vique telle que l’in­car­naient à gauche Léon Blum ou Pierre Men­dès France, et de la fin du dis­cré­dit de la po­li­tique. De ce point de vue, le bi­lan mo­ral de ces der­nières an­nées est dé­sas­treux. Les Fran­çais sont en droit d’exi­ger un sur­saut. […] Cette es­pé­rance, j’ai vou­lu l’in­car­ner dans le com­bat pré­si­den­tiel. La vie en a au­tre­ment dé­ci­dé, la vie avec ses aléas, ses er­reurs, ses cruau­tés, et aus­si ses en­thou-

siasmes et ses es­poirs. J’ai vé­cu tout ce­la. Alors, re­non­cer à une am­bi­tion, soit ! Mais rien, ja­mais, ne me fe­ra aban­don­ner un idéal. Cette es­pé­rance, Jacques De­lors peut au­jourd’hui la por­ter, l’ap­por­ter.

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