DOD­GERS

PAR BILL BE­VER­LY, TRA­DUIT DE L’AN­GLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR SA­MUEL TODD

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER

Seuil, 337 p., 19,50 eu­ros.

Voi­ci un ro­man po­li­cier qui marque. Quatre ga­mins blacks, sor­tis de leur ghet­to à crack de L.A., partent sur la route pour bu­ter un juge, à l’autre bout du pays. Ils n’ont au­cun re­père, au­cune mo­rale, au­cun guide. Ils doivent se dé­mer­der, dans leur ba­gnole pour­rie, avec les flingues dont ils vont prendre li­vrai­son dans une ferme boueuse, chez des red­necks épais. Le road trip se trans­forme en voyage au bout de la nuit : les haines ex­plosent, les fi­dé­li­tés s’émiettent, les sou­ve­nirs re­montent. Au fil des ki­lo­mètres, dans cette Amé­rique des Grands Lacs, ces ados qui ne passent pas in­aper­çus ren­contrent leur des­tin. La route les mène-t-elle à la mort ou, sim­ple­ment, à la rage? East, le per­son­nage cen­tral, 15 ans, au­ra du sang sur les mains. Mais pas ce­lui qu’il ima­gi­nait… C’est le pre­mier ro­man de Bill Be­ver­ly (pho­to), uni­ver­si­taire qui a écrit une étude sur les fuyards dans les an­nées 1932-1952. Quel dé­but! Epous­tou­flant, vrai­ment.

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