Oh Ma­rie

MA­RIAGE RÉ­PU­BLI­CAIN, PAR FRAN­ÇOIS CÉRÉSA, L’AR­CHI­PEL, 320 P., 20 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - JACQUES NERSON

Fran­çois Cérésa est un grand en­fant qui fait ma­noeu­vrer ses hé­ros comme des sol­dats de plomb, en te­nant tous les rôles à la fois : « C’est qui, ça? – Ton pire cau­che­mar… » Il croit dur comme fer aux illu­sions qui naissent sous sa plume. D’où la force de per­sua­sion de ses ro­mans. Ce qui ne l’em­pêche pas de se li­vrer au pas­sage à d’in­no­centes fa­cé­ties, comme ce « sang im­pur » qui sourd des corps de deux sans­cu­lottes, « abreu­vant les sillons » de la barque où leur meur­trier les a je­tés. Ou en­core cette « fosse peu com­mune » que Ro­bes­pierre est cen­sé lui­même creu­ser. Cérésa se montre plus en­clin à bla­guer que ses maîtres, Vic­tor Hu­go et Alexandre Du­mas. C’est plu­tôt avec le Go­bi­neau far­ceur du « Pri­son­nier chan­ceux » qu’il faut ici le confé­rer : sa Ma­rie, tra­ves­tie en homme, qui passe sans re­pos ni trêve des ven­déens aux ré­pu­bli­cains et vice ver­sa, se ré­vèle aus­si in­vul­né­rable que Jean de la Tour-Mi­racle, cap­tif tan­tôt des pa­pistes, tan­tôt des hu­gue­nots. « Ma­riage ré­pu­bli­cain » étant le pro­lon­ge­ment du « Lys blanc », on pia e d’im­pa­tience : sau­rat-on bien­tôt si le ca­pi­taine Louis et le fa­meux Lys blanc ne font qu’un, Ma­rie étant éprise des deux ? A suivre…

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