JE ME TUE À LE DIRE

PAR XA­VIER SE­RON

L'Obs - - Critiques - F. F.

Co­mé­die belge, avec Jean-Jacques Rau­sin, My­riam Boyer, Serge Ria­bou­kine (1h30).

Très noir, cet hu­mour ve­nu du Nord (le film est en noir et blanc). Mais quel plai­sir! C’est l’his­toire d’un qua­dra bar­bu un peu mi­nable, qui ra­conte sa vie avec sa mère : celle-ci car­bure au blanc mous­seux, s’en­toure de chats pé­nibles, et on dit qu’elle a un can­cer. Mais est-elle vrai­ment ma­lade ou si­mule-t-elle, juste pour pour­rir la vie de son fils? Notre homme, Mi­chel Pe­neud (Jean-Jacques Rau­sin, pho­to ci-contre), sait qu’il est né sim­ple­ment parce que sa mère « re­fu­sait avec obs­ti­na­tion la so­do­mie » et se de­mande s’il n’a pas lui-même un can­cer du sein. C’est drôle, grin­çant, jouis­sif. Au­teur d’un do­cu­men­taire sur les cat­cheurs belges, Xa­vier Se­ron pos­sède un in­dé­niable ta­lent de met­teur en scène, de scé­na­riste et d’iro­niste. Ses per­son­nages de pau­més sont dignes des ré­cits de Charles de Cos­ter, ses in­ven­tions pic­tu­rales sont su­perbes, et ce film to­ta­le­ment dé­jan­té est un ov­ni sur­réa­liste. C’est du cinéma belge, et du meilleur.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.