Ri­vette en ba­teau

CÉ­LINE ET JU­LIE VONT EN BA­TEAU, PAR JACQUES RI­VETTE. CO­MÉ­DIE FRAN­ÇAISE, AVEC JULIET BERTO, DO­MI­NIQUE LABOURIER, BULLE OGIER, MA­RIE-FRANCE PI­SIER, BAR­BET SCHROEDER (1974, 3H10).

L'Obs - - Critiques - P. M.

Cé­line la brune et Ju­lie la rousse (Juliet Berto et Do­mi­nique Labourier, photo) vont en ba­teau. Mais seule­ment dans l’avant-der­nière scène du film. Avant, elles em­mènent Jacques Ri­vette en ba­teau, et le spec­ta­teur du même coup. Dans cette his­toire à en­trées mul­tiples, les ac­trices mettent au­tant la main à la pâte que le ci­néaste. Il est ques­tion d’une ren­contre dans un square pa­ri­sien, entre Cé­line la ma­gi­cienne et Ju­lie la bi­blio­thé­caire; de bon­bons ma­giques qui les trans­portent dans une mai­son si­tuée au 7 bis de la rue du Na­di­raux-Pommes; là, elles font o ce d’infirmières au­près d’une fillette prise entre deux femmes et d’un homme dont les vi­sages virent au vert à me­sure que le film pro­gresse. Sou­vent, on n’y com­prend que couic, mais ce n’est pas si im­por­tant. Il y a une fan­tai­sie, une li­ber­té, une vo­lon­té de ne rien prendre au sé­rieux qui em­portent tout. A moins que le spec­ta­teur, au fil des qua­rante an­nées qui ont pas­sé de­puis, ne soit de­ve­nu plus im­pa­tient, moins bien­veillant et at­ten­tif, au­quel cas « Cé­line et Ju­lie » risque de pa­raître da­té. Il ne l’est pas. Aus­si sin­gu­lier en 1974 qu’au­jourd’hui, aus­si dé­con­cer­tant, aus­si dé­li­cieu­se­ment bar­ré.

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