PAR JÉ­RÔME GARCIN

L'Obs - - Critiques - J. G.

Voi­ci, lit-on ici et là, « le » film ca­tas­trophe de l’été. Et le pre­mier du genre à ne pas ve­nir de Hol­ly­wood puis­qu’il a été réa­li­sé en Nor­vège, par un Nor­vé­gien (Roar Uthaug). Pas la peine de le pro­cla­mer, ça se voit à chaque plan. Il sort en France le 27 juillet, por­té par une ru­meur flat­teuse, la pro­messe d’une « vague dé­fer­lante d’émo­tions » et une pré­dic­tion « ba­sée sur des faits réels » – car cette tra­gé­die au­ra bien lieu, un jour, au pays des fjords. Rien ne vous em­pêche donc de ten­ter l’ex­pé­rience, mais je vous au­rai pré­ve­nu : « The Wave » est, au sens propre, un film ca­tas­trophe. On y voit une fa­mille mo­dèle, genre pub pour les Wa­sa scan­di­naves, s’ap­prê­ter à quit­ter, afin de s’ins­tal­ler à Os­lo, l’âpre ré­gion de Gei­ran­ger où le père, géo­logue, sur­veillait les failles de « la mon­tagne de la mort », crai­gnant qu’elle ne s’ébranle. Le jour du dé­part, évi­dem­ment, un pan se dé­tache, pro­voque dans le fjord un tsu­na­mi de 80 mètres de haut, qui dé­truit tout sur son pas­sage. Même pas peur : l’im­mense vague mal nu­mé­ri­sée, qui semble sor­tir d’une Nin­ten­do des an­nées 1970, rend dé­ri­soire le compte à re­bours (la po­pu­la­tion a dix mi­nutes, montre en main, pour se ré­fu­gier sur les hau­teurs) et ri­di­cu­lise l’ef­froi de la pe­tite fa­mille (for­cé­ment sé­pa­rée par le drame). Ce n’est pas un film, c’est une suc­ces­sion de cli­chés, tous em­prun­tés aux mo­dèles du genre, jusque dans l’épi­logue gro­tesque. Ré­su­mons-nous : « The Wave » est un film ca­tas­trophe, mais sans moyens, sans sus­pense, sans an­goisse, sans em­pa­thie, sans stars et sans rien de spec­ta­cu­laire. Au­tre­ment dit, un film très vague.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.