EL­VIS & NIXON PAR LIZA JOHN­SON

L'Obs - - Critiques - PAS­CAL MÉRIGEAU

Co­mé­die amé­ri­caine, avec Mi­chael Shan­non, Ke­vin Spa­cey (1h26).

Ils se sont ren­con­trés, une pho­to en ap­porte la preuve. On sait aus­si que, pro­ba­ble­ment, ils se sont par­lé. Mais tout le monde ignore ab­so­lu­ment ce qu'El­vis Pres­ley et Ri­chard Mil­hous Nixon ont bien pu se dire dans le bu­reau Ovale, quelques jours avant ce Noël 1970. Le scé­na­rio d’« El­vis & Nixon » se glisse dans cette pa­ren­thèse énig­ma­tique et ima­gine que la star sou­hai­tait ob­te­nir une mis­sion d’agent fé­dé­ral « se­cret », lu­bie que seul pou­vait lui faire réa­li­ser le pré­sident. Le­quel, au dé­part, ne voyait nul­le­ment l’in­té­rêt qu’il y au­rait pour lui à re­ce­voir le « King ». Le pré­texte vaut ce qu’il vaut, et la chose est réa­li­sée aus­si pla­te­ment que pos­sible. L’in­té­rêt et le plai­sir pro­viennent es­sen­tiel­le­ment de l’in­car­na­tion des deux monstres : si Mi­chael Shan­non (à gauche, pho­to), qui pour­tant ne pos­sède a prio­ri guère de res­sem­blance avec son mo­dèle, est un El­vis très plau­sible, Ke­vin Spa­cey [pho­to] (au­quel la sé­rie « House of Cards » a dé­jà va­lu de fi­gu­rer l’hôte de la Mai­sonB­lanche) rayonne dans le rôle de Nixon, fai­sant preuve de beau­coup de ma­lice et d’hu­mour. As­sez na­tu­rel­le­ment, étant don­né qu’on ne sait rien de la ren­contre elle-même, près d’une heure de film est né­ces­saire avant que les deux soient mis en pré­sence. Elle se passe en né­go­cia­tions entre les deux par­ties : il fal­lait bien ce­la, la puis­sance phé­no­mé­nale du pré­sident n’ayant d’égale que la po­pu­la­ri­té du roi du rock’n’roll.

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