Au feu du dé­sir

LE MA­JES­TIC, PAR RO­BERT ALEXIS, LE TRIPODE, 198 P., 17 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - AR­NAUD GONZAGUE

« La part la plus vraie de l’exis­tence, la plus in­tense, gît dans l’ombre comme un fauve ta­pi dans les buis­sons. » La zone d’ombre de l’homme et de la femme, ces pul­sions in­ter­dites qui leur tra­vaillent le cor­tex et l’en­tre­jambe sont le su­jet du livre de Ro­bert Alexis (pho­to). Mais rien d’égrillard chez lui : Alexis parle cul sans être ja­mais cru. Le verbe le plus hard qu’il em­ploie est « em­pa­ler ». Au mieux l’hé­roïne évoque-t-elle son « ventre nour­ri au feu gros­sis­sant du dé­sir ». Si « le Ma­jes­tic » est pour­tant obs­cène, c’est qu’il dé­crit la ma­nière qu’a le dé­sir de s’avi­lir. La maî­tresse en do­mi­na­tion de ce ré­cit s’ap­pelle Elisabeth Vial. Di­rec­trice d’un mu­séum d’his­toire na­tu­relle en pro­vince, elle sou­met Sé­bas­tien Ju­det, un mi­né­ra­lo­giste qui aime pas­ser ses nuits nu dans une cave en­tou­ré de rats, et Louise Ar­se­ne­via, une bo­ta­niste en quête d’aven­tures sul­fu­reuses. On peut ne pas adhé­rer au propos, mais im­pos­sible de ré­sis­ter à la ma­jes­té du style d’Alexis, avec ses longues phrases si­nueuses et son clas­si­cisme pré­cieux.

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