À COU­TEAUX TI­RÉS, PAR OLEN STEINHAUER,

L'Obs - - Critiques - F. F.

Presses de la Ci­té, 304 p., 20,90 eu­ros.

Le ré­cit est bref, le dé­cor est unique (un res­tau­rant), les per­son­nages peu nom­breux (deux) et tout se passe au­tour d’une table. Tout? Voire… Car Henry, agent de la CIA, a ja­dis tra­vaillé avec son in­vi­tée, Ce­lia. Lui, il est en­core dans les ma­gouilles des ser­vices se­crets. Elle a fon­dé une fa­mille et s’est re­ti­rée. Ils dînent en­semble et évoquent des his­toires an­ciennes, que Henry tente d’éclair­cir. Des otages, ja­dis, ont été tués. Ce­lia a-t-elle tra­hi? Peut-être, mais peut-être pas. Au fil de la conver­sa­tion, fas­ci­nante, tout se dé­monte : rien n’est conforme à l’ap­pa­rence, même pas le res­to. A chaque ré­vé­la­tion, une vé­ri­té se fait jour. C’est comme une pe­lure d’oi­gnon : des­sous, il y en a une autre. Jus­qu’à la fin, où tout s’émiette ab­so­lu­ment. Olen Steinhauer (« l’Etau ») signe son meilleur livre : un millefeuille d’es­pion­nage brillan­tis­sime. De quoi rendre le lec­teur to­ta­le­ment pa­ra­no.

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