Jeff Beck, la fée élec­tri­ci­té

LOUD HAILER, PAR JEFF BECK (ATCO)

L'Obs - - Critiques - BER­NARD GÉNIÈS

Il a beau être vé­gé­ta­rien, Je Beck fré­quente les soi­rées d’an­ni­ver­saire. Celle de Ro­ger Tay­lor (bat­teur de Queen) lui a per­mis de ren­con­trer la gui­ta­riste Car­men Van­den­berg : elle a pro­po­sé à Beck de ve­nir l’écou­ter en concert, aux cô­tés de sa co­pine la chan­teuse Ro­sie Bones. Le gui­ta­riste, qui en a en­ten­du d’autres, a été « sou é » par ce groupe nom­mé Bones et jus­qu’alors in­con­nu au ba­taillon. Le trio, re­joint par un bas­siste (Gio­van­ni Pal­lot­ti) et un bat­teur (Da­vide Sol­laz­zi), s’est re­trou­vé en stu­dio après avoir com­po­sé onze titres en quelques jours. Avec Beck, tous les jeux étaient ou­verts puis­qu’il est aus­si bien ca­pable de se lan­cer sur des pistes funk, blues, fu­sion, jazz, elec­tro­ni­ca. Cette fois, il a choi­si la carte rock. Les titres d’ou­ver­ture, « The Re­vo­lu­tion Will Be Te­le­vi­sed », « Live in the Dark » et sur­tout « Pull It », an­noncent la cou­leur, vio­lentes charges élec­triques dé­chi­rées par les dis­tor­sions. On sait l’ad­mi­ra­tion que Beck porte à Les Paul (ce sor­cier de la gui­tare dis­pa­ru en 2009). Il vient aus­si nous rap­pe­ler tout ce qu’il doit à Hen­drix, à preuve les échos de « An­gel » dans « Sca­red for the Chil­dren », hymne qui an­nonce « la fin de l’âge de l’in­no­cence » sur une pla­nète en cours de des­truc­tion. La mé­ca­nique Beck, par­fai­te­ment sou­te­nue par la ryth­mique de Car­men Van­den­berg et la voix in­cen­diaire de Ro­sie Bones, fonc­tionne à plein tube, s’o rant même le luxe de deux ins­tru­men­taux (l’un fu­rieux, le se­cond pla­nant). Je Beck vient de fê­ter ses 72 ans. Bon pied bon rock, man !

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