Nice à fleur de peau

Trois se­maines après la tue­rie qui a en­san­glan­té la pro­me­nade des An­glais, l’am­biance dans la ville est pe­sante. Entre cris­pa­tion po­li­tique et ten­sions re­li­gieuses

L'Obs - - Le Sommaire - NA­THA­LIE FU­NÈS ZA­CHA­RIE SCHEURER/HANSLUCAS

C’était au len­de­main de l’at­ten­tat, en dé­but d’après-mi­di. Nah­ra, jeune femme brune voi­lée, at­ten­dait à un feu rouge au vo­lant de son Opel noire, juste en face du parc Phoe­nix, dans le sud-ouest de Nice. Sa plus jeune fille, 1 an, était as­sise à l’ar­rière, dans son siège au­to. Une voi­ture s'est ar­rê­tée à hau­teur de la sienne. Au dé­but, Nah­ra n’y a pas prê­té at­ten­tion. Et puis le conduc­teur, un jeune homme d’une ving­taine d’an­nées, a bais­sé sa vitre len­te­ment, a poin­té deux doigts vers elle en gar­dant le pouce en l’air pour si­mu­ler un re­vol­ver, et a imi­té le bruit d’un coup de feu. Il l’a re­gar­dée droit dans les yeux, il n’a pas pro­non­cé un mot…

Nah­ra est in­ca­pable de se sou­ve­nir de son vi­sage. Elle a 35 ans, trois en­fants, une li­cence de fran­çais, un ma­ri pro­fes­seur d’an­glais dans un ly­cée pu­blic de Men­ton, et un beau-frère po­li­cier, qui vit tou­jours en Al­gé­rie, près de Cons­tan­tine, et qui a dor­mi toutes les nuits dans sa ca­serne avec ses col­lègues, du­rant la dé­cen­nie noire, parce qu’il ris­quait d’être égor­gé par les is­la­mistes s’il ren­trait chez lui. A Ma­gnan, le quar­tier où elle ha­bite de­puis des an­nées, juste au-des­sus de la pro­me­nade des An­glais, Nah­ra n’avait eu droit jusque-là qu’à des ré­flexions du style « Vous n’avez pas trop chaud avec votre voile ? » Mais ja­mais de me­nace aus­si ex­pli­cite. « De­puis le 14 juillet, l’at­mo­sphère est vrai­ment ir­res­pi­rable », dit son ma­ri, Mo­ha­med.

Nice, sa baie des Anges fil­mée par Jacques De­my, ses pa­laces bâ­tis à la Belle Epoque, son aé­ro­port in­ter­na­tio­nal, le troi­sième de France, ses quar­tiers bour­geois, per­chés sur la col­line de Ci­miez, agré­men­tés de ves­tiges an­tiques, ses 4 mil­lions de tou­ristes par an ve­nus du monde en­tier et sa pro­me­nade des An­glais, ar­pen­tée dès le xixe siècle par la no­blesse russe et bri­tan­nique qui s’en­nuyait l’hi­ver. Au­jourd’hui, la carte pos­tale est dé­chi­rée. Tout au long des 5 ki­lo­mètres de la « Prom », comme on l’ap­pelle ici, où chaque jour des cen­taines de Ni­çois viennent faire leur jog­ging et où des mil­liers de voi­tures tra­versent la ville, les fleurs fa­nées, les bou­gies éteintes et les hom­mages grif­fon­nés sur des bouts de pa­pier ne cessent de rap­pe­ler les 84 morts de la nuit du 14 juillet. Trois se­maines après, les res­tau­rants res­tent à moi­tié vides, et la plage de ga­lets, étran­ge­ment dé­ser­tée pour un été.

« La ci­ca­trice du 13 no­vembre a réus­si à se re­fer­mer grâce à l’on­guent d’un peuple pa­ri­sien re­la­ti­ve­ment uni et au fait que les at­taques ont été cir­cons­crites dans l’est de la ca­pi­tale, com­mente un conseiller po­li­tique. A Nice, la plaie risque au contraire de res­ter long­temps béante et pu­ru­lente. Parce que l’at­ten­tat a frap­pé le sym­bole, l’axe prin­ci­pal de la ville, et parce qu’il y a beau­coup d’aci­di­té au sein de la po­pu­la­tion et par­mi les po­li­tiques. Après la tue­rie, on a connu l’ef­froi et la conster­na­tion comme à Pa­ris, mais im­mé­dia­te­ment aus­si la co­lère. Il fal­lait al­ler se pro­me­ner sur le mar­ché du cours Sa­leya alors que les corps des vic­times étaient en­core éten­dus sur le bord de mer : l’heure était dé­jà à ré­cla­mer des comptes et à dé­si­gner des boucs

émis­saires, la po­pu­la­tion de confes­sion mu­sul­mane. “Il faut qu’ils partent”, voi­là ce qu’on en­ten­dait à chaque coin de rue. » La mi­nute de si­lence, or­ga­ni­sée quatre jours après le mas­sacre de la pro­me­nade des An­glais, de­vant le mo­nu­ment du Cen­te­naire, au­ra ra­re­ment si peu mé­ri­té son nom. Du ja­mais-vu ces der­nières an­nées en France mé­tro­po­li­taine après un at­ten­tat. Les mi­nistres ac­cueillis sous les quo­li­bets, « As­sas­sins! », « Dé­mis­sion! », le Pre­mier mi­nistre, Ma­nuel Valls, sif­flé, des Ni­çois d’ori­gine magh­ré­bine agres­sés ver­ba­le­ment par la foule.

La vi­déo a tour­né des mil­liers de fois sur YouTube. Un homme en che­mise à fleurs, ti­gnasse grise sous son cha­peau de paille, in­ter­pelle une jeune femme brune en tee-shirt à car­reaux rouges : « Re­tour­nez où vous êtes née. » Ré­ponse aga­cée : « Je suis née en France, mon­sieur ! » L’homme in­siste, hausse le ton : « Eh bien vous êtes une honte pour la France. » A cô­té, une dame bien mise, lu­nettes de so­leil sur le nez, ren­ché­rit : « Fou­tez le camp ! » Hur­le­ments, in­vec­tives, ar­ri­vée de la po­lice mu­ni­ci­pale pour sé­pa­rer les groupes ri­vaux qui se forment. La jeune femme crie, hors d’elle : « Où je vais ? Je suis née en France. Bande de ra­cistes ! » Dans son bu­reau flam­bant neuf, Phi­lippe Pra­dal, le nou­veau maire (Les Ré­pu­bli­cains), qui vient de suc­cé­der à Ch­ris­tian Es­tro­si pour cause de cu­mul des man­dats, re­con­naît « l’exas­pé­ra­tion » de ses conci­toyens : « Nous étions en­core en train d’en­ter­rer nos morts quand il y a eu l’as­sas­si­nat du père Jacques Ha­mel à Saint-Etienne-du-Rou­vray. On n’a même plus le temps de faire notre deuil entre deux at­ten­tats. Ce­la a en­core ra­vi­vé la co­lère de mes ad­mi­nis­trés. » A la sec­tion des Alpes-Ma­ri­times du Front na­tio­nal, les ad­hé­sions au­raient fait un bond de 10% de­puis le 14 juillet. 318 fron­tistes sup­plé­men­taires, dont la moi­tié de Ni­çois. « Une pro­gres­sion ex­cep­tion­nelle en si peu de temps », as­sure Lio­nel Ti­vo­li, se­cré­taire dé­par­te­men­tal.

Ce­la fait long­temps dé­jà que Nice est une terre de droite dure. La ville n’a pas élu un maire de gauche de­puis soixante-dix ans. L’ex­trême droite y a tou­jours bat­tu des re­cords. Au mi­lieu des an­nées 1960, dé­jà, du temps de Jean-Louis Tixier-Vi­gnan­cour, l’avo­cat de Louis-Fer­di­nand Cé­line et des res­pon­sables de l’OAS. La can­di­date du FN Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen a en­core ra­flé 36% des voix face au maire d’alors, Ch­ris­tian Es­tro­si, de­ve­nu pré­sident de Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur (Pa­ca) au se­cond tour des ré­gio­nales, en dé­cembre der­nier. On a même vu un can­di­dat éti­que­té Bloc iden­ti­taire, Phi­lippe Var­don, cé­lèbre pour avoir dis­tri­bué de la soupe au lard aux SDF de la ville et re­bap­ti­sé cer­tains noms de rue lors d’un ra­ma­dan (« rue de la la­pi­da­tion », « rue de la bur­qa »…), re­cueillir 4,4% des suf­frages, 5 000 bul­le­tins, aux der­nières mu­ni­ci­pales.

Les lea­ders ni­çois de la droite clas­sique ont ap­pris de­puis belle lu­rette à adap­ter leur dis­cours à l’am­biance lo­cale. Pen­dant la cam­pagne des ré­gio­nales, Ch­ris­tian Es­tro­si a cru bon de dé­non­cer de­vant les ca­mé­ras de France 3 « l’is­la­mo-fas­cisme », « les cin­quièmes co­lonnes et leurs ré­seaux in­fil­trés dans nos caves, dans nos ga­rages, dans les lieux clan­des­tins ». Aux ma­nettes de la ville, il a mul­ti­plié les ar­rê­tés an­ti­épi­ce­ries de nuit, an­ti-men­di­ci­té, an­ti-bi­vouac (contre les Roms), et por­té au pre­mier rang na­tio­nal le nombre de ca­mé­ras de sur­veillance et de po­li­ciers mu­ni­ci­paux par ha­bi­tant.

De quoi sa­tis­faire une po­pu­la­tion avide d’ordre, et dont les ca­rac­té­ris­tiques sont au­tant de sources de cli­vage po­ten­tielles. Nice bat des re­cords en ma­tière de re­trai­tés (presque un ha­bi­tant sur trois), de ra­pa­triés d’Al­gé­rie (25 000 se sont ins­tal­lés ici après l’in--

“DE­PUIS LE 14 JUILLET, L’AT­MO­SPHÈRE EST IR­RES­PI­RABLE.”

dé­pen­dance) et d’im­mi­grés (17,5%), en ma­jo­ri­té des Tu­ni­siens, des Ma­ro­cains, des Al­gé­riens, des Ita­liens… « C’est une ville très par­ti­cu­lière, où les po­pu­la­tions ne se mé­langent pas, se toisent quand elles se ren­contrent, in­dique Feï­za Ben Mo­ha­med, porte-pa­role de la Fé­dé­ra­tion des Mu­sul­mans du Sud. Une ville où les quar­tiers po­pu­laires, les Mou­lins, l’Ariane, BonVoyage, Saint-Roch, sont re­lé­gués à l’ouest et au nord, où le re­gard por­té sur ce­lui qui est dif­fé­rent est pe­sant, où les ten­sions ont tou­jours été vives. »

Dé­but juin, un mois avant l’inau­gu­ra­tion de la mos­quée En-Nour, à l’ouest, après une dé­cen­nie de ba­taille avec la mu­ni­ci­pa­li­té, une car­casse de san­glier a été dé­po­sée de­vant la porte d’en­trée. Et lorsque le tram­way a été ins­tal­lé en 2007, les ha­bi­tants du centre se sont bat­tus bec et ongles pour em­pê­cher qu’il ne des­serve les quar­tiers ju­gés les plus sen­sibles. Le tram s’est donc ar­rê­té à l’hô­pi­tal Pas­teur. Il n’a ja­mais at­teint les barres d’im­meubles des ci­tés de l’Ariane, à l’ex­trême nord, clas­sées zone de sé­cu­ri­té prio­ri­taire. C’est là qu’ha­bi­tait Omar Dia­by, alias Omar Om­sen, 40 ans, ar­ri­vé du Sé­né­gal à l’âge de 7 ans, an­cien res­pon­sable d’un snack et d’un club de foot­ball, par­ti en Sy­rie fin 2013, et de­ve­nu re­cru­teur pour le Front Al-Nos­ra, grâce à ses vi­déos de pro­pa­gande, « 19HH », en ré­fé­rence aux dix-neuf ter­ro­ristes du 11 sep­tembre 2001.

« Comme Lu­nel, Tou­louse ou en­core Trappes, Nice fait par­tie de la quin­zaine de zones rouges en France où on a consta­té beau­coup de dé­parts et de ten­ta­tives de dé­part de dji­ha­distes », ana­lyse Hu­go Mi­che­ron, du Centre de Re­cherches in­ter­na­tio­nales (Ce­ri) de Sciences-Po. Se­lon les sta­tis­tiques de la pré­fec­ture, les Alpes-Ma­ri­times – en­core un « re­cord » – sont l’un des dé­par­te­ments les plus tou­chés par la ra­di­ca­li­sa­tion : 58 dé­parts en­re­gis­trés, dont 19 mi­neurs, 37 in­ter­dic­tions de sor­tie du ter­ri­toire pour des moins de 18 ans, 15 re­traits de pas­se­port, 600 si­gna­le­ments, 175 per­qui­si­tions ad­mi­nis­tra­tives… A Nice, une salle de prière clan­des­tine dans le quar­tier de l’Ariane, et un res­tau­rant, bap­ti­sé La Nos­ra, rue As­sa­lit, en cen­tre­ville, ont été fer­més. Le car­na­val de 2014 a échap­pé de peu à un at­ten­tat à l’ex­plo­sif, pré­pa­ré par un Fran­coAl­gé­rien, ar­rê­té à Man­de­lieu-la-Na­poule, à une qua­ran­taine de ki­lo­mètres, alors qu'il ve­nait de pas­ser quinze mois en Sy­rie. L’an­née sui­vante, trois mi­li­taires en fac­tion de­vant le consis­toire is­raé­lite de Nice, dans le centre-ville, ont été agres­sés au cou­teau par un jeune homme de 30 ans qui sé­jour­nait dans un hô­tel de la ville. « La po­si­tion fron­ta­lière du dé­par­te­ment, sa forte com­mu­nau­té magh­ré­bine, même s’il y a aus­si des conver­tis par­mi les ra­di­ca­li­sés, son aé­ro­port di­rec­te­ment re­lié à la Tur­quie sont au­tant d’ex­pli­ca­tions pos­sibles, in­dique Fran­çois-Xa­vier Lauch, sous-pré­fet. Et puis il y a le ter­reau de l’ex­clu­sion. Ici, dans les quar­tiers, les 58 dji­ha­distes sont des hé­ros. Beau­coup de jeunes res­tent quo­ti­dien­ne­ment en con­tact avec eux via l’ap­pli­ca­tion Te­le­gram. Ils es­timent que la France ne leur a pas don­né de chance et se jettent dans les bras d’un autre mo­dèle, Daech. La so­cié­té se cra­quelle, la haine des uns contre les autres se ren­force. »

De­puis l’at­ten­tat du 14 juillet, la pré­fec­ture a en­re­gis­tré une quin­zaine de cas d’apo­lo­gie du ter­ro­risme. Une se­maine jour pour jour après le mas­sacre de la pro­me­nade des An­glais, Ab­del­ka­der Sa­dou­ni, l’imam de la mos­quée At­ta­q­wa, dans le quar­tier des Mou­lins, dé­cla­rait au quo­ti­dien ita­lien « Il Gior­nale » : « S’il y a des at­ten­tats, c’est la faute à la laï­ci­té des Fran­çais. » Il a de­puis dé­men­ti avoir te­nu ces pro­pos et an­non­cé qu’il al­lait por­ter plainte contre le jour­nal. « Nous avons consta­té une dji­ha­di­sa­tion des es­prits crois­sante dès le dé­but des an­nées 2000, no­tam­ment en rai­son de la pré­sence des ré­seaux is­la­mistes al­gé­riens du FIS et du GIA ar­ri­vés au mi­lieu des an­nées 1990, ana­lyse Pa­trick Amoyel, psy­cha­na­lyste et di­rec­teur gé­né­ral de l’as­so­cia­tion En­tr’Autres, spé­cia­li­sée dans les phé­no­mènes de ra­di­ca­li­sa­tion. Et il sem­ble­rait que la ten­dance se soit en­core ren­for­cée de­puis le 14 juillet. » Com­men­taire de Jean-Claude Si­mon, pied-noir né à Oran en 1940, « par­ti à la veille de l’in­dé­pen­dance », an­cien ma­gis­trat, an­cien avo­cat, de­ve­nu pré­sident des Ami­tiés ora­niennes : « On a mis dans la tête de nos com­pa­triotes mu­sul­mans que le ré­gime co­lo­nial était une abo­mi­na­tion et que nous étions mau­vais. »

Nice écar­te­lée entre ses ex­trêmes? Cris­pa­tion po­li­tique d’un cô­té, ra­di­ca­li­sa­tion re­li­gieuse de l’autre ? « La ville est un cock­tail ex­plo­sif. L’équi­libre y a tou­jours été ex­trê­me­ment fra­gile, et l’at­ten­tat est ve­nu ré­vé­ler des frac­tures pro­fondes, ana­lyse Yvan Gas­taut, his­to­rien, maître de confé­rences à l’uni­ver­si­té de Nice-So­phia An­ti­po­lis. Car c’est un en­droit qui ne “dit” pas son cos­mo­po­li­tisme, à la dif­fé­rence de Mar­seille, la mé­tro­pole voi­sine. Le bras­sage, de­puis le rat­ta­che­ment à la France, en 1860, a pour­tant tou­jours été im­por­tant. Mais on a fait comme si ce­la n’exis­tait pas. » Par­mi les 84 morts de la pro­me­nade des An­glais, 30 étaient de confes­sion mu­sul­mane. Plus d’un sur trois. Mais, au sein des mé­mo­riaux im­pro­vi­sés au bord de la mer ou dans ce­lui du kiosque à mu­sique, au mi­lieu du jar­din Al­bert-Ier, tout au bout de la « Prom », il n’y a presque pas de mots d’hom­mage écrits en arabe ou qui font ré­fé­rence à une prière du Co­ran.

Des Ni­çois se re­cueillent de­vant un mé­mo­rial im­pro­vi­sé au kiosque à mu­sique du jar­din Al­bert-Ier, près de la pro­me­nade des An­glais, le 31 juillet.

Mi­li­taires en pa­trouille sur la « Prom » le 31 juillet.

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1. Se­lon « Il Gior­nale », l’imam Ab­del­ka­der Sa­dou­ni au­rait af­fir­mé le 21 juillet que, « s’il y a des at­ten­tats, c’est la faute à la laï­ci­té des Fran­çais ». Des pro­pos dé­men­tis par l’in­té­res­sé.

2. L’iden­ti­taire Phi­lippe Var­don, ex-can­di­dat à la mai­rie, s’est fait connaître par ses pro­vo­ca­tions an­ti-mu­sul­mans.

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