Sea, surf and sound

EVOLUTION, PAR TAMAM SHUD (ANTHOLOGY RECORDINGS).

L'Obs - - Critiques - GRÉ­GOIRE LEMÉNAGER

Il au­ra fal­lu près d’un de­mi-siècle pour que le rock puis­sam­ment psy­ché­dé­lique de Tamam Shud nous ar­rive d’Aus­tra­lie, mais mieux vaut tard que ja­mais. « Evolution » n’a pas été en­re­gis­tré pour rien, fin 1968, par quatre las­cars che­ve­lus comme des go­beurs d’acides oeu­vrant jour et nuit pour la li­bé­ra­tion sexuelle. Plan­tés de­vant un film de surf réa­li­sé par Paul Wit­zig, ils ont im­pro­vi­sé cette BO qui tourne comme un boeuf sau­vage où Cream, The Ani­mals, Steppenwolf et le Gra­te­ful Dead se ti­re­raient la bourre, entre deux échap­pées hen­drixiennes, sur fond de ber­ceuses élec­triques à la Pink Floyd. Les pa­roles pleines de bi­zar­re­ries et d’arcs-en-ciel sont d’époque (« Mr Strange », « La­dy Strange », « Feel Free », « Je­sus Guide Me »…), le son aus­si (le disque s’ouvre avec « Mu­sic Train » sur des bruits de che­min de fer, puis se re­ferme sur un in­quié­tant hur­le­ment hit­ch­co­ckien). C’est ce qu’on ap­pelle une « Evolution » créa­trice, comme di­rait Berg­son. C’est sur­tout la bande-son la plus gé­nia­le­ment fu­mante de l’été. Quand on vous dit que l’Aus­tra­lie est l’autre pays du rock.

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