Scho­pen­hauer par San­tia­go Es­pi­no­sa

Ins­pi­ré à la fois par Pla­ton, Kant, l’hin­douisme et le boud­dhisme, le pen­seur al­le­mand est in­clas­sable. Le phi­lo­sophe San­tia­go Es­pi­no­sa nous ex­plique aus­si le rôle car­di­nal que l’art et la mu­sique jouent chez l’au­teur du “Monde comme vo­lon­té et comme re­pr

L'Obs - - Le Sommaire - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR JACQUES DRILLON ILLUS­TRA­TIONS : DEL­PHINE LEBOURGEOIS

Ar­thur Scho­pen­hauer (Dant­zig, 1788 - Franc­fort, 1860) com­mence comme com­mer­çant, mais il étu­die Kant, Pla­ton, Aris­tote, Spi­no­za, et sou­tient en 1813 une thèse sur la « qua­druple ra­cine du prin­cipe de rai­son su sante ». Entre 1814 et 1818, il écrit son grand ou­vrage, « le Monde comme vo­lon­té et comme re­pré­sen­ta­tion ». Il est d’abord né­gli­gé, mais la der­nière par­tie de sa vie est glo­rieuse : il de­vient le phi­lo­sophe dont il faut avoir sui­vi les cours. Il a lé­gué ses biens à son chien. Il est un pen­seur in­clas­sable, in­fluen­cé à la fois par Pla­ton, Kant et la phi­lo­so­phie hin­doue, et se dit boud­dhiste… Dans son livre, ces trois di­rec­tions se re­trouvent : la re­pré­sen­ta­tion vient de son cô­té kan­tien, et la vo­lon­té de son cô­té hin­dou – tout ce­la dans un pla­to­nisme re­vi­si­té, no­tam­ment au su­jet des idées, qui sont le noyau dur de son es­thé­tique. Il pense l’exis­tence comme une sou rance per­pé­tuelle. C’est le ver­sant hin­dou. Pour lui, exis­ter, c’est dé­si­rer, dé­si­rer res­ter en vie. Ce qui est ab­surde : en prin­cipe le dé­sir naît d’un manque (ce­la lui vient de Pla­ton : je dé­sire ce que je n’ai pas, et que je m’e orce d’ob­te­nir), mais je dé­sire la vie, que j’ai dé­jà ! C’est une fi­na­li­té sans fin. Sur­tout si l’on consi­dère ce qu’est l’exis­tence : man­ger, dormir, se re­pro­duire, et puis mou­rir. Mais je peux dé­si­rer pro­lon­ger un état que j’aime ! C’est ce que pense Spi­no­za, pour qui la vie c’est le dé­sir. Pour Scho­pen­hauer, au contraire, dès que l’homme a ob­te­nu ce qu’il n’avait pas, il met en marche le pen­dule, qui va d’un dé­sir à un autre dé­sir, et ne fait que pas­ser par un point sans du­rée, ce­lui de la sa­tis­fac­tion, qui res­semble fort à de l’en­nui. Pour Scho­pen­hauer, le plai­sir n’existe pas. Il n’est qu’un ré­pit de la vo­lon­té, qui s’ar­rête un ins­tant. Le plai­sir, c’est le seul mo­ment où nous ne sou rons pas. On re­trouve là l’idée boud­dhiste se­lon la­quelle il fau­drait ar­rê­ter de vivre, stop­per la vo­lon­té de vivre. La mé­di­ta­tion est une pré­fi­gu­ra­tion du mo­ment où nous ne se­rons plus : ces­ser de pen­ser au monde, aux choses, à soi. Alors on cesse de sou rir. Mais, pour les boud­dhistes, n’est-ce pas une re­pré­sen­ta­tion ? Oui, une re­pré­sen­ta­tion de la vo­lon­té : si tous les êtres vi­vants, qui se re­pré­sentent leur corps comme dé­si­rant, ces­saient de dé­si­rer, le monde ces­se­rait d’exis­ter. Mais les chiens conti­nue­ront de dé­si­rer, les plantes, les mi­crobes aus­si. Donc le monde, hé­las, ne ces­se­ra ja­mais. Nous de­vons nous conten­ter de l’avant-goût pro­cu­ré par le nir­va­na. Tout ce­la n’est guère ori­gi­nal ! Non, c’est vrai. Ce qu’il prend à Kant et qu’il adapte à son sys­tème, c’est qu’on ne per­çoit le monde qu’à tra­vers le corps. On per­çoit du monde ce que nos sens nous en disent. Ce que je ne vois pas, je l’ima­gine ? Kant di­rait que der­rière cette chaise que je per­çois, il y a une vé­ri­table chaise, que je ne per­çois pas, mais que je peux pen­ser. Scho­pen­hauer dit, lui : il n’y a pas des choses en soi, il n’y a pas une chaise en soi, il n’y a pas de monde ca­ché; il n’y a qu’une chose en soi, c’est la vo­lon­té, le dé­sir de vivre. J’ai un ac­cès di­rect à la vo­lon­té, par mon propre corps. Le monde est double, et en même temps c’est une seule et même chose : tout ce qui existe, les êtres, les ani­maux, les plantes et même les pierres, sont la vo­lon­té de vivre, tout ce­la est pris dans la même vo­lon­té de vivre. L’arbre étale ses branches pour cap­ter la lu­mière – et tue la plante plus pe­tite

SAN­TIA­GO ES­PI­NO­SA, né en 1978 à Mexi­co, est tra­duc­teur (Cio­ran, La Boé­tie, Ros­set) et phi­lo­sophe. Il a pu­blié « l'Ouïe de Scho­pen­hauer » (L’Har­mat­tan, 2007), « Voir et en­tendre, cri­tique de la pers­pec­tive ima­gi­na­tive » (Encre ma­rine, 2016), et le meilleur ou­vrage phi­lo­so­phique sur la mu­sique, « l'In­ex­pres­sif mu­si­cal » (Encre ma­rine, 2013).

qui n’en a plus. Je ne fais que me re­pré­sen­ter votre sou rance, ou la sou rance d’une ca­rotte qui veut vivre, mais, en même temps, je peux vivre le réel par mon propre corps. Et donc, dans une cer­taine me­sure, iden­ti­fier ma sou rance à la sou rance uni­ver­selle, ce qui se­ra la qua­trième par­tie de son livre, la plus chré­tienne, ou la plus boud­dhiste.

Sommes-nous conscients de ce que nous dé­si­rons ? Non. Nous le croyons, mais la chose que nous dé­si­rons n’est qu’une oc­ca­sion de dé­sir : ce qui fait sou rir c’est de dé­si­rer tout court. La vo­lon­té est une sorte de ma­chine in­fer­nale qui a be­soin de la vie, au tra­vers des in­di­vi­dus : tous nos dé­si­rs in­di­vi­duels sont fon­dus dans une seule et unique Vo­lon­té qui se nour­rit d’elle-même ; ils n’en sont que des ma­ni­fes­ta­tions. Le « connais­toi toi-même » de So­crate est ab­surde, puis­qu’il si­gni­fie « connais que tu n’es per­sonne ». Ce qui re­lève de ton in­ti­mi­té, de ton égoïsme, n’est même pas à toi.

Mais le dé­sir ne peut pas être un plai­sir ? Bien sûr, et c’est ce­la que Nietzsche cri­ti­que­ra dans Scho­pen­hauer. Et nous le sa­vons bien : ce­lui qui ne dé­sire pas n’est pas heu­reux… Mais ce que Scho­pen­hauer dit, c’est que le dé­sir as­sou­vi n’est pas la Vo­lon­té as­sou­vie. Si j’ai soif et que je bois, je ne fais que nour­rir la soif qui va re­naître. C’est ce que la soif at­tend de moi ! Le plai­sir n’est qu’une ruse de la vo­lon­té. Et la ruse la plus ter­ri­fiante, c’est l’amour, par le­quel la na­ture tra­ves­tit le be­soin de se re­pro­duire en dé­sir « per­son­nel » de l’autre. Alors qu’il ne s’agit que du contact de deux épi­dermes, comme di­rait Cham­fort. Mais en­core une fois, tout ce­la n’est guère ori­gi­nal, même si l’on pressent Nietzsche et Freud. Et Lu­crèce dé­jà di­sait que le plai­sir sexuel n’était pas la mer­veille qu’on di­sait, car le plai­sir consiste à in­té­grer l’ob­jet du dé­sir : boire c’est in­gé­rer de l’eau, man­ger c’est in­gé­rer de la nour­ri­ture, mais faire l’amour, c’est seule­ment mi­mer une dé­vo­ra­tion, c’est un échec. Et c’est pour­quoi l’on re­com­mence aus­si­tôt. Scho­pen­hauer ajoute : non seule­ment on re­com­mence jus­qu’à la fin, mais en plus notre mort ne ré­sout rien ! Car je ne suis qu’une ma­ni­fes­ta­tion in­di­vi­duelle de l’in­fer­nale vo­lon­té, et, si je dis­pa­rais, ma pe­tite vo­lon­té per­son­nelle re­tourne à la vo­lon­té gé­né­rale.

Mais alors, le sui­cide ne sert à rien non plus ? Non, à rien. La mort est à peine su­pé­rieure à la vie. On n’a plus conscience de sa sou rance, voi­là tout, mais le cau­che­mar conti­nue. Il prend le contre-pied de Leib­niz : la Vo­lon­té n’a pas vou­lu le meilleur des mondes pos­sibles, mais le pire des mondes pos­sibles. Un monde en­core pire n’au­rait pas été pos­sible. Sans le pe­tit mo­ment de ré­pit, le plai­sir, le monde se se­rait au­to­dé­truit. L’illu­sion du bon­heur est in­dis­pen­sable, comme l’in­cons­cience des plantes. Ré­su­mons : chaque in­di­vi­du se re­pré­sente ce qu’il per­çoit ; der­rière ce qu’il per­çoit, il y a la Vo­lon­té, et non des choses en soi. Oui, et ce sont les deux pre­miers livres de son ou­vrage. On pour­rait en ar­rê­ter la lec­ture à cet en­droit. Mais il en ajoute deux : un, consa­cré à l’art, et le der­nier, sur la com­pas­sion. Son es­thé­tique est la par­tie la plus in­té­res­sante de sa phi­lo­so­phie, sur­tout si l’on prend en compte ce que Nietzsche et Freud vont com­prendre des deux pre­miers livres : la rai­son, le sa­voir sont sou­mis au dé­sir. On ne peut sou­mettre le dé­sir à la rai­son (ce que pen­se­ra Freud, d’une cer­taine ma­nière), puisque la rai­son est dé­jà une ma­ni­fes­ta­tion du dé­sir, qui reste la chose qu’on ne peut pas connaître.

L’art pour­rait-il nous sau­ver ? Par une sorte d’e et ma­gique, dans la contem­pla­tion es­thé­tique, la Vo­lon­té est suspendue. Si je vois une huître, j’éprouve une at­ti­rance ( j’aime les huîtres) ou une ré­pul­sion ( je dé­teste les huîtres), tous sen­ti­ments qui sont des éma­na­tions de la vo­lon­té. La souf­france s’ac­tive. Mais si l’huître est peinte par Char­din, je n’éprouve ni dé­goût ni ap­pé­tence. Je peux donc contem­pler le monde sans sou rir, alors que tout ce que je vois, toute re­pré­sen­ta­tion, pro­voque dé­sir ou ré­pul­sion. La contem­pla­tion es­thé­tique me per­met de voir les choses telles qu’elles sont, sans pas­ser par le prisme de mon in­di­vi­dua­li­té, qui sou­hai­te­rait pos­sé­der l’ob­jet, et ob­te­nir une sa­tis­fac­tion illu­soire. Le por­trait de cette femme peut être beau, alors que dans la réa­li­té nous pour­rions la trou­ver laide. Le beau n’est pas le jo­li. Et ce­la, Scho­pen­hauer l’écrit en pleine ex­plo­sion du ro­man­tisme, qui est l’exal­ta­tion du moi… Les deux pre­miers livres au­raient dû faire de lui un ro­man­tique, alors que toute son es­thé­tique est clas­sique. Dans son es­thé­tique, confond-il le peintre et le spec­ta­teur du ta­bleau ? Il ne les confond pas, mais éta­blit une iden­ti­té dans la contem­pla­tion de la chose créée. L’ar­tiste s’ou­blie lui-même pour créer ce qu’il ne per­çoit pas dans la réa­li­té. La sta­tuaire grecque est idéale, parce qu’elle ne re­pré­sente pas des in­di­vi­dus, des êtres uniques, mais amé­liore la réa­li­té, en ren­dant les êtres re­pré­sen­tés comme ils au­raient dû être, des êtres d’avant le Monde, en quelque sorte. Donc, au bout du compte, le sculp­teur et le spec­ta­teur contemplent la même chose qui n’existe pas. L’ar­tiste dit à la Vo­lon­té : voi­là ce que tu au­rais pu faire, dû faire, et n’as pas fait. Telle est la vi­sion du gé­nie. Quelle place oc­cupe la mu­sique dans son sys­tème ? C’est très par­ti­cu­lier. L’ana­lyse qu’il fait de la mu­sique ne colle pas avec le reste de son sys­tème. Les arts plas­tiques re­pré­sentent la Vo­lon­té telle qu’elle au­rait dû être, alors que la mu­sique est la Vo­lon­té elle-même. Ce qui est bien mys­té­rieux : en tant qu’elle est la Vo­lon­té, la mu­sique de­vrait être la pire des choses qui soient. Or Scho­pen­hauer adore la mu­sique, celle de Mo­zart et de Haydn, et sort sa flûte tous les ma­tins pour en jouer. Il ne ré­sout pas cette contra­dic­tion. Il tente de l’ex­pli­quer en pré­ten­dant que la mu­sique est la Vo­lon­té, qu’elle ne dit rien, n’ex­prime rien, ne re­pré­sente rien, n’est une co­pie de rien. C’est un flux conti­nu qui n’ex­prime qu’elle-même. Comme le fait la Vo­lon­té. La mu­sique n’est pas l’ex­pres­sion par­faite des sen­ti­ments : elle nous per­met d’avoir l’in­tui­tion de ce qu’est la réa­li­té. Peut-être qu’il bute sur la mu­sique parce qu’elle ne fait pas par­tie du réel, pas du tout, alors que lui, l’homme Scho­pen­hauer, y est in­té­gré ? C’est pour­quoi je parle d’in­tui­tion. Les autres tentent de l’ex­pli­quer de l’ex­té­rieur, en la tra­dui­sant. Si je cherche à le faire, je parle aus­si­tôt d’autre chose. Je suis dans le lan­gage, dans la rai­son, et la rai­son est sou­mise au dé­sir. Comme dit Plo­tin, si je cherche à dire l’un, il faut que j’em­ploie deux mots. De sur­croît, il est inu­tile d’es­sayer d’ex­pli­quer la mu­sique. Le seul vo­ca­bu­laire pos­sible pour la dé­crire est la tau­to­lo­gie, comme dit Clé­ment Ros­set. Il y a ça, mais je ne peux pas dire quoi.

“SCHO­PEN­HAUER ADORE LA MU­SIQUE, CELLE DE MO­ZART ET DE HAYDN, ET SORT SA FLÛTE TOUS LES MA­TINS POUR EN JOUER.”

La mu­sique est la mu­sique. Oui. Se de­man­der ce que sont la réa­li­té, la vo­lon­té, la mu­sique, c’est se po­ser une ques­tion unique. Scho­pen­hauer a l’in­tui­tion du ca­rac­tère in­di­cible, ir­re­pré­sen­table, in­com­pré­hen­sible, et sur­tout in­in­ter­pré­table, de la réa­li­té, par l’in­tui­tion de ce qu’est la mu­sique. Je pense que c’est l’in­tui­tion pre­mière de la phi­lo­so­phie de Scho­pen­hauer. Il a donc fait un rai­son­ne­ment à re­bours, en par­tant de la mu­sique ? A mon avis, oui. Voi­là le réel, je ne peux pas l’in­ter­pré­ter : tout ce que je dis est faux, tout ce que j’ex­plique, ce n’est que moi qui le dis, donc c’est dé­jà autre chose. Sur trois cent cin­quante pages, il montre qu’il n’y a qu’une vo­lon­té, qu’une chose en soi, et en dix pages sur la mu­sique, il dit qu’il y en a deux : la vo­lon­té comme monde, et la vo­lon­té comme mu­sique.

Cette in­tui­tion ne se­ra-t-elle pas celle de Nietzsche ? Scho­pen­hauer n’est pas al­lé aus­si loin que lui. Il n’a pas su, comme lui ou Clé­ment Ros­set, étendre au reste de l’exis­tence la joie in­di­cible qu’il a en jouant Mo­zart, ou en l’écou­tant. Il dit : si la mu­sique avait pu être tra­duite en concept, elle au­rait été la vé­ri­table phi­lo­so­phie. C’est elle qui ex­plique toute chose. Vous croyez que le monde que vous aper­ce­vez en écou­tant de la mu­sique, c’est le vé­ri­table monde. Mais en fait vous êtes de­dans! Vous êtes dans la mu­sique. Mais vous ne le voyez pas, et vous croyez qu’il faut ga­gner de l’ar­gent… La vie n’est pas fausse ! C’est l’in­ter­pré­ta­tion que nous en fai­sons qui est illu­soire. Nous croyons as­sou­vir des dé­si­rs, mais c’est faux, nous nous croyons heu­reux alors que nous ne le sommes pas, nous pen­sons éprou­ver du plai­sir alors que c’est de la dou­leur. Pour­tant l’ex­pé­rience montre que l’on peut vivre joyeu­se­ment. Il ne peut ac­cep­ter la vie comme elle est. Même s’il sait par ex­pé­rience qu’il peut la vivre joyeu­se­ment, vivre joyeu­se­ment la Vo­lon­té, l’ex­pé­rience a tort. Il dit non. C’est une né­ga­tion a prio­ri. Je ne peux pas ac­cep­ter que la vie n’ait pas de sens, que tout ce­la soit ab­surde. Voi­là en quoi Scho­pen­hauer est ni­hi­liste, c’est un ra­tio­na­liste dé­çu : si tout ce­la avait un sens, si le dé­sir qui nous fait sou rir avait un but, il l’au­rait ac­cep­té. Mais il ré­cuse l’ab­surde.

Pour­quoi écrit-il, en­seigne-t-il ? Parce que la vé­ri­té doit être dite : c’est ce­la, son idée de la phi­lo­so­phie. Pla­ton et Kant font mi­roi­ter un bon­heur im­pos­sible, ils disent n’im­porte quoi, et moi je vais dire les choses telles qu’elles sont, et les dents vont grin­cer. Je vais des­siller l’hu­ma­ni­té, dé­mon­ter l’hys­té­rie col­lec­tive, la croyance au progrès, à la vie, aux ré­vo­lu­tions ! Quelle naï­ve­té ! Et puis j’ima­gine qu’il pre­nait du plai­sir à écrire, à être ar­tiste à son tour… Son ta­lent est im­mense : c’est ad­mi­rable de clar­té, sans au­cun jar­gon, ac­ces­sible. Même si l’on ne par­tage pas son idée de dé­part, le dé­sir est sou rance, les dé­ve­lop­pe­ments qu’il en tire sont pas­sion­nants.

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