UNE FILLE ET UN FLINGUE PAR OLLIVIER POURRIOL

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER

Stock, 288 p., 19 eu­ros.

Deux fran­gins, un seul but: un film. Les deux lou­bards, sor­tis de la mouise, veulent réus­sir. Ils se lancent dans la réa­li­sa­tion comme d’autres at­taquent une banque: avec rage. Contacts avec les stars Ca­the­rine De­neuve et Gé­rard De­par­dieu, ren­contres pit­to­resques pen­dant le Fes­ti­val de Cannes, mas­ter class de Luc Bes­son… Tout le ro­man est ra­con­té comme un film en tour­nage, en sé­quences ra­pides et ryth­mées. Evi­dem­ment, rien ne se passe comme pré­vu et l’af­faire prend des al­lures de co­mé­die dé­jan­tée. Ollivier Pourriol s’amuse en dé­cri­vant le monde ab­surde de la fa­bri­ca­tion d’un film: « Re­garde tous ces yachts, ces ber­lines au bord de la mer, la mé­ta­phore est claire: y a pas une goutte de ci­né­ma, on nage dans le fric. » Caus­tique, étrange, drôle, « Une fille et un flingue » s’ins­pire d’une ci­ta­tion de Go­dard qui pré­tend qu’avec l’une (la fille) et l’autre (le flingue) on a dé­jà un film. Sur ce thème, Pourriol exé­cute un riff éton­nant: ça se lit d’un trait, le sou­rire aux lèvres.

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