DANS L’OMBRE OÙ LES RE­GARDS SE NOUENT PAR JACQUES-B. BRUNIUS, TEXTES PRÉ­SEN­TÉS PAR GRÉ­GO­RY CINGAL ET LU­CIEN LOGETTE

L'Obs - - Critiques - F. F.

Edi­tions du Sandre, 544 p., 28 eu­ros.

Brunius est un homme ou­blié, et c’est très in­juste : il fut, dans l’entre-deux-guerres, l’un des agi­ta­teurs les plus sym­pa­thiques de la pla­nète ci­né­ma. Ac­teur dans « L’af­faire est dans le sac » et « Par­tie de cam­pagne », réa­li­sa­teur avec « Vio­lon d’Ingres », es­sayiste de ta­lent (« En marge du ci­né­ma fran­çais »), il a été l’ami de Jacques Pré­vert et d’An­dré Bre­ton, membre du groupe Oc­tobre, col­la­bo­ra­teur de Man Ray, fon­da­teur de « la Re­vue du ci­né­ma », dé­cou­vreur du Pa­lais du Fac­teur Che­val, tra­duc­teur de Le­wis Car­roll et de Dy­lan Tho­mas… Bref, c’était un lu­dion gé­nial, et ce livre for­mi­dable nous donne l’oc­ca­sion de re­nouer avec cet ar­tiste dis­pa­ru en 1967. De ses notes sur le « Na­po­léon » d’Abel Gance à son ap­pré­cia­tion de « l’An­née der­nière à Ma­rien­bad », en pas­sant par ses lettres à Bre­ton et ses cri­tiques de « l’Opé­ra de quat’sous », de « Ca­li­ga­ri », de « Mon­sieur Ver­doux », quel plai­sir! In­tel­li­gence, poé­sie, sen­si­bi­li­té : dé­ci­dé­ment, Brunius fut un grand bon­homme.

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