10 CHOSES À SA­VOIR SUR…

Be­noît Hamon

L'Obs - - Le Sommaire - JU­LIEN MAR­TIN

1CONCURRENCE Si Mon­te­bourg et Hamon sont sor­tis en même temps du gou­ver­ne­ment en 2014, il ne faut pas croire que les deux hommes che­minent de con­cert : c’est pour ne pas lui lais­ser la main sur l’aile gauche du PS que le se­cond avait em­boî­té le pas du pre­mier. Une concur­rence tou­jours vi­sible : Hamon s’est in­vi­té le 16 août au JT de France 2 pour an­non­cer sa can­di­da­ture à la pri­maire de la gauche… Cinq jours avant que Mon­te­bourg an­nonce la sienne.

2ROCARD « A la fin des an­nées 1980, un jeune so­cia­liste était for­cé­ment ro­car­dien », a cou­tume de dire Hamon pour jus­ti­fier sa loin­taine adhé­sion à la « deuxième gauche », qu’il est loin de re­pré­sen­ter au­jourd’hui. Jus­ti­fi­ca­tion d’au­tant plus évi­dente pour un jeune en Bre­tagne, ter­ri­toire alors ac­quis à Ro­card.

3BARON ROSE Grâce à son cou­rant des jeunes ro­car­diens, il a long­temps per­mis aux amis de Cam­ba­dé­lis d’avoir la ma­jo­ri­té à l’Unef. Jus­qu’en 1993, lors­qu’il dé­cide de faire ca­va­lier seul, per­met­tant à la Gauche so­cia­liste de Dray de s’em­pa­rer du syn­di­cat étu­diant et s’at­ti­rant l’ani­mo­si­té per­sis­tante de l’ac­tuel pa­tron du PS. La même an­née, il est de­ve­nu le pre­mier pré­sident in­dé­pen­dant du Mou­ve­ment des jeunes So­cia­listes… qu’il est tou­jours soup­çon­né de di­ri­ger en sous-main.

4TRAIT D’UNION Be­noît Hamon est l’un des rares à pou­voir se tar­guer à la fois de la fi­lia­tion d’Au­bry et de Hol­lande. Conseiller au mi­nis­tère de l’Em­ploi di­ri­gé par la pre­mière entre 1997 et 2000, il fut éga­le­ment se­cré­taire na­tio­nal du PS en charge du pro­jet eu­ro­péen, entre 2005 et 2007, lorsque le se­cond était pre­mier se­cré­taire. Au­jourd’hui, l’an­cien pou­lain a conser­vé l’a ec­tion du chef de l’Etat et es­père le sou­tien de la maire de Lille.

5CUMUL « Je suis tel­le­ment contre le cu­mul que je n’ai plus au­cun man­dat », riait, jaune, en 2009, ce­lui qui ve­nait de perdre son siège de dé­pu­té eu­ro­péen, se voyant contraint de re­prendre une ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle au sein de son an­cien ca­bi­net d’études, Le Fil. Il s’est bien rat­tra­pé de­puis : pa­ra­chu­té dans les Yve­lines aux lé­gis­la­tives de 2012, il est aus­si re­ve­nu au conseil ré­gio­nal d’Ile-de-France en 2015.

6RUGBY Fan de­puis son ado­les­cence de bal­lon ovale, Hamon fait par­tie du XV par­le­men­taire, com­po­sé de dé­pu­tés et de sé­na­teurs. Une pas­sion pour le sport qu’il a nour­rie au point de faire abon­ner le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion na­tio­nale au quo­ti­dien « l’Equipe », lors de son bref pas­sage rue de Gre­nelle.

7BANDE Du­rant la pre­mière moi­tié du quin­quen­nat, les mi­nistres Hamon, Mon­te­bourg, Du­flot et Tau­bi­ra avaient pris l’ha­bi­tude de se réunir pour des dî­ners aus­si convi­viaux que conspi­ra­tifs : ils étaient sur­nom­més « la bande des quatre ». De cette bande-là, les trois pre­miers sont au­jourd’hui can­di­dats à l’Ely­sée, et la qua­trième est choyée par Hol­lande pour ne pas l’être.

8FAMILLE Son cou­rant « Un Monde d’avance » était sur­nom­mé « Hamon avance ». Et ses ca­ma­rades ne dé­co­lé­raient pas de le voir frayer avec Valls au gou­ver­ne­ment. Pour­tant, les ponts n’ont ja­mais été rom­pus avec les fron­deurs du pre­mier jour, tels Pas­cal Cher­ki ou Pou­ria Amir­sha­hi. « Ce sont des amis, on peut avoir des désac­cords po­li­tiques sans se fâ­cher, di­sait Hamon. Pas­cal, par exemple, est le par­rain de ma fille. »

9BARBE Abat­tu de de­voir quit­ter « le plus beau mi­nis­tère pour un so­cia­liste » après moins de cinq mois pas­sés à l’Edu­ca­tion na­tio­nale, Hamon est par­ti en va­cances à la fin de l’été 2014, avant de re­ve­nir avec une barbe four­nie. Pour suivre la mode des « ex » lan­cée à l’époque par Sar­ko­zy ? Dé­men­ti de l’in­té­res­sé : pour évi­ter un contraste dis­gra­cieux, il at­ten­dait que son

bron­zage s’es­tompe avant de se ra­ser.

10TWITTER Hamon, can­di­dat à la pri­maire ? Un se­cret de Po­li­chi­nelle, no­tam­ment de­puis une mau­vaise ma­ni­pu­la­tion sur Twit­ter. Pen­sant en­voyer un mes­sage pri­vé à un proche, il a twee­té au vu de tous, le 5 avril der­nier : « Il faut com­men­cer à pré­pa­rer un do­cu­ment de bi­lan de mon ac­tion au Par­le­ment et au gou­ver­ne­ment. Il doit être prêt avant juin. » La cam­pagne dé­bu­tait bien.

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