“Les is­la­mistes ont un pro­jet de conquête in­si­dieuse du pou­voir”

L'Obs - - Grands Formats - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR VÉ­RO­NIQUE RADIER

Cer­tains veulent faire croire que la bur­qa de bain n’est qu’un vê­te­ment comme un autre. Il n’en est rien. Cette te­nue n’est pas un ac­ces­soire in­no­cent, qu’on met se­lon son en­vie. Le bur­ki­ni est un sym­bole sexiste, il porte un mes­sage po­li­tique. Il si­gni­fie que les femmes sont im­pures et que, pour cette rai­son, elles doivent dis­si­mu­ler leur corps. C’est une pro­vo­ca­tion et une at­teinte à la di­gni­té hu­maine. Un re­fus d’ac­cor­der l’éga­li­té aux femmes en rai­son de leur sexe, comme le ra­cisme re­fuse l’éga­li­té en rai­son de la cou­leur de la peau. Le sexisme pas plus que le ra­cisme ne sont une li­ber­té ni une opi­nion, mais un dé­lit. Et Ma­nuel Valls a rai­son : les lois de la Ré­pu­blique per­mettent dé­jà de faire face à l’of­fen­sive po­li­tique in­si­dieuse des is­la­mistes, quand on a le cou­rage de les ap­pli­quer.

Car il s’agit bien d’une stra­té­gie dé­li­bé­rée de conquête. Pour as­seoir leur em­prise sur une po­pu­la­tion, les is­la­mistes veulent im­po­ser à tous leur concep­tion du monde, en faire une nou­velle norme. Dans les pays conquis par des is­la­mistes, les femmes sont obli­gées de por­ter la bur­qa, les ho­mo­sexuels sont per­sé­cu­tés… C’est un pro­jet an­cien, très bien dé­crit par ceux qui ont étu­dié les Frères mu­sul­mans. Mais la plu­part des élus de tous bords ont lais­sé faire. Pire, par clien­té­lisme, pour s’as­su­rer le vote d’une com­mu­nau­té, ils ont fa­vo­ri­sé l’es­sor des is­la­mistes wah­ha­bites, sa­la­fistes ou plus ra­di­ca­li­sés en­core, lais­sé fi­nan­cer leurs pro­jets, no­tam­ment au­près des jeunes. Et ce, au lieu d’ex­pli­quer ce qu’est la Ré­pu­blique, ce que re­pré­sente la laï­ci­té, et de faire une dis­tinc­tion claire entre mu­sul­mans et is­la­mistes.

Je sa­lue les maires qui ont pris des ar­rê­tés et les juges qui ont su rap­pe­ler le droit et le socle des li­ber­tés fon­da­men­tales de notre Ré­pu­blique : nous sommes tous égaux, quels que soient notre sexe, la cou­leur de notre peau, notre re­li­gion ou notre re­fus d’en avoir une.

CÉ­LINE PINA Ex-conseillère ré­gio­nale so­cia­liste d’Ile-de-France, es­sayiste, au­teure de « Si­lence coupable » (Ke­ro).

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