Ar­naud Sa­gnard

BRONSON, PAR AR­NAUD SA­GNARD, STOCK, 270 P., 19 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - BER­NARD GÉNIÈS

Sa­lo­pard, mer­ce­naire, jus­ti­cier : Charles Bronson a tou­jours fait le sale bou­lot. Dans une pre­mière vie, il a même été mi­neur de fond, comme son père. De­ve­nu l’une des stars les mieux payées de Hol­ly­wood, il n’en est pas moins tou­jours res­té très éco­nome à l’écran, ne li­vrant ses ré­pliques qu’avec par­ci­mo­nie. Que vient faire notre ami Ar­naud Sa­gnard, homme tran­quille pour­tant, sur la piste de ce flin­gueur ? Il vient d’abord écrire : c’est son pre­mier ro­man. Lui, le gosse de Cha­ren­ton-le-Pont qui a gran­di dans un im­meuble d’une ci­té de brique rouge, s’est plon­gé dans l’his­toire hal­lu­ci­nante de « l’homme à l’har­mo­ni­ca ». Il a re­vu tous ses longs-mé­trages, re­vi­si­té les lieux où il a vé­cu, re­noué les fils épars d’un des­tin han­té par la Ca­marde : « Charles est un en­fant mort qui a vu son père pour­rir sous ses yeux », écrit Ar­naud Sa­gnard. Cette en­quête mi­nu­tieuse lui a ou­vert des portes in­soup­çon­nées, sus­ci­tant des échos acé­rés jusque dans sa propre exis­tence. Son « Bronson » est un in­croyable film d’ac­tion. A ses yeux, ce type-là n’est pas un hé­ros. C’est une ma­chine à jouer, un for­çat de Hol­ly­wood qui trim­balle ses peurs en se pla­quant der­rière une gueule de dur à cuire. Bronson est mort en 2003. Ar­naud Sa­gnard lui o re une se­conde vie. Et quelle vie !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.