“Une re­lance eu­ro­péenne et des règles pour la fi­nance”

L'Obs - - En Couverture - Par JÉZABEL COUPPEYSOUBEYRAN ÉCO­NO­MISTE, UNI­VER­SI­TÉ PARIS-I PAN­THÉON-SOR­BONNE & CEPII*

c’est d’abord au déses­poir éco­no­mique et so­cial qu’il faut re­mé­dier pour en­rayer la mon­tée du po­pu­lisme. La tâche est en­core plus grande en Eu­rope, où le choix de l’aus­té­ri­té n’a fait qu’am­pli­fier les consé­quences de la crise fi­nan­cière de 2007-2008. De ce point de vue, l’Eu­rope et cha­cun de ses Etats membres ont be­soin d’une re­lance mo­bi­li­sant tous les le­viers pour réa­li­ser des in­ves­tis­se­ments d’ave­nir dans l’édu­ca­tion, la santé, la tran­si­tion éco­lo­gique, l’agri­cul­ture bio­lo­gique… Le long terme doit re­de­ve­nir l’ho­ri­zon de l’ac­tion pu­blique et pri­vée.

En­suite, le po­pu­lisme pro­gresse parce que nos dé­mo­cra­ties sont ma­lades. Elles souffrent de ce que des in­té­rêts sec­to­riels – je pense tout par­ti­cu­liè­re­ment à ce­lui du sec­teur ban­caire et fi­nan­cier – ont pris le pas sur l’in­té­rêt col­lec­tif. La cap­ture de nos ins­ti­tu­tions par ce sec­teur en par­ti­cu­lier em­pêche de ré­for­mer la fi­nance, dont les ex­cès dé­vorent nos éco­no­mies. Une me­sure concrète pour lut­ter contre cette cap­ture : in­ter­dire les « al­lers-re­tours » entre le sec­teur fi­nan­cier et la haute fonc­tion pu­blique.

Re­cueilli par So­phie Fay. (*) Au­teure avec 137 autres éco­no­mistes de “Sor­tir de l’im­passe” (Les Liens qui li­bèrent).

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