Le­çons d’amour fé­roce

FRAN­CES­CO CLEMENTE. PIRATE HEART. JUS­QU’AU 23 DÉ­CEMBRE, GA­LE­RIE TEMPLON, PA­RIS-3E, 01-42-72-14-10.

L'Obs - - Critques - BER­NARD GÉNIÈS

Pas si simple, l’amour, pour Fran­ces­co Clemente. La tren­taine de pe­tits ta­bleaux pré­sen­tés dans cette ex­po sont ha­bi­tés par des cou­leurs lu­mi­neuses – des roses oran­gés, des rouges écar­lates, des bleus pâles. Mais pour l’ar­tiste ita­lien, le jeu de la sé­duc­tion est com­plexe. D’une co­quille d’oeuf sur­git une main ar­mée d’un poi­gnard ; dans le ventre d’une femme, un scor­pion semble n’at­tendre que sa proie ; ailleurs, un per­son­nage au pro­fil bleu tire sa langue, sur la­quelle se dresse un cham­pi­gnon vé­né­neux; une femme, dont les pau­pières sont cou­sues, pleure des larmes de sang. Au-de­là de son ap­pa­rence cha­toyante, la pein­ture de Clemente bous­cule les ar­ché­types, op­po­sant dou­ceur et vio­lence, lu­mière et chaos. Sur « You and Me », l’ar­tiste re­pré­sente cinq per­son­nages qui dis­si­mulent leur vi­sage der­rière des masques co­lo­rés. L’amour se­rait-il une mas­ca­rade? Lais­sons à Fran­ces­co Clemente la pa­ter­ni­té de cette hy­po­thèse.

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