O LES TEN­DANCES DE “L’OBS”

L'Obs - - SORTIR - Par SO­PHIE FONTANEL

Vous la connais­sez, l’his­toire ? Peut-être pas, eh ! En 1953, l’in­con­nue Au­drey Hep­burn s’ap­prête à tour­ner le film « Sa­bri­na » (Billy Wilder). Elle a l’idée, cette gosse, d’al­ler en France s’ache­ter les te­nues du film. On la laisse faire, à condi­tion qu’elle paie tout ça avec son ca­chet. Elle dé­boule à Pa­ris (elle est fran­co­phone, née en Bel­gique, à Ixelles). Elle veut ren­con­trer Cris­to­bal Ba­len­cia­ga. Bon, lui, il ne veut pas. Elle se ra­bat sur le jeune Hubert de Gi­ven­chy. Sa­lon d’at­tente. Bon, lui, ça le barbe aus­si, mais il passe la tête. Et dé­couvre une tige d’une can­deur ahu­ris­sante, en bal­le­rines de danse. Dès lors, il va l’ha­biller dans qua­si tous ses films. Et dans la vie. « Le style, elle l’avait dé­jà », di­ra-t-il. Sans doute vrai, mais di­sons que les deux firent la paire. Le monde en­tier a vou­lu s’ha­biller comme Au­drey Hep­burn. Hubert et elle ont in­ven­té l’al­lure mon­diale, dif­fu­sée par mieux que la ré­clame : par le ci­né­ma. Ils ont « hu­ber­ti­sé » la pla­nète. A la fin de sa vie, Au­drey Hep­burn di­ra : « Ma force, c’est que tout le monde peut être Au­drey Hep­burn. Un pull noir, la nuque dé­ga­gée, de grandes lu­nettes noires, un sou­rire. Et vous êtes moi. » Et aus­si beau et fin et aty­pique qu’ait été son phy­sique, elle avait rai­son, bon sang. Même Vic­to­ria Beck­ham a ten­té de lui res­sem­bler ! Jus­qu’en mars, le Ge­meen­te­mu­seum de La Hague consacre une ex­po­si­tion au lien entre Hubert de Gi­ven­chy et Au­drey Hep­burn : « To Au­drey with Love ». Hubert de Gi­ven­chy, à 89 ans, pos­sède le genre d’élé­gance qui fait qu’on ne le voit ja­mais. Il a connu, et en par­tie in­ven­té, la seule icône de mode in­dé­mo­dable. Par­don, mais ce­la de­vrait suf­fire à lui fi­ler, à lui aus­si, le prix No­bel de lit­té­ra­ture, main­te­nant que ce der­nier est at large. Ou alors on le file à Au­drey, après coup ? Ah je ne sais plus, vous m’em­brouillez. Je ne suis sûre que d’une chose : Au­drey est la preuve qu’une vraie lé­gende passe tou­jours par les ha­bits. Et l’ha­bit « en tant qu’ul­time si­gni­fiant », pour cau­ser rue d’Ulm, vous sa­vez que c’est ma ma­rotte…

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