Le na­zi qui ve­nait du froid

Avec l’Is­lan­dais Ar­nal­dur In­dri­da­son, grand maître du noir, vos nuits blanches sont as­su­rées. La preuve avec ce thril­ler sur la glace OPÉ­RA­TION NA­PO­LÉON, PAR AR­NAL­DUR IN­DRI­DA­SON, TRA­DUIT PAR DA­VID FAUQUEMBERG, POINTS, 424 P., 8,10 EU­ROS.

L'Obs - - Critiques - FRAN­ÇOIS FO­RES­TIER

C’est la ve­dette de la nou­velle vague du polar scan­di­nave : l’Is­lan­dais Ar­nal­dur In­dri­da­son bat des re­cords. Mais « Opé­ra­tion Na­po­léon » n’est pas un ro­man po­li­cier. C’est un thril­ler qui se dé­roule dans les glaces, sur les traces d’un avion na­zi dis­pa­ru à la fin de la guerre. A peine sor­tie, l’édi­tion de poche at­teint dé­jà 50000 exem­plaires : en grand for­mat, l’an pas­sé, aux Edi­tions Mé­tai­lié, « Opé­ra­tion Na­po­léon » a été ven­du à 58000. Le succès d’In­dri­da­son tient à deux élé­ments : d’abord, il est le pre­mier au­teur de lit­té­ra­ture noire en Is­lande, le fac­teur dé­pay­se­ment joue. Tout se passe dans la neige, dans le froid, bref, dans une mé­téo qu’on pré­fère af­fron­ter sur le pa­pier plu­tôt que dans la réa­li­té. En­suite, l’au­teur a l’art du re­bon­dis­se­ment : alors que les glaces fondent, la car­casse de l’avion de la Wehr­macht émerge, et les forces spé­ciales de l’ar­mée amé­ri­caine se lancent à l’as­saut de l’épave. Deux ran­don­neurs sont té­moins de cette in­ter­ven­tion, et l’un d’eux se confie à sa soeur, Kris­tin, une jeune avo­cate. C’est d’elle que va dé­pendre la suite de l’his­toire. Sus­pense ga­ran­ti. Lire In­dri­da­son, c’est la cer­ti­tude d’une nuit blanche. Il est vrai que les nuits, là-haut, durent par­fois six mois…

Dé­sor­mais, In­dri­da­son est un phé­no­mène de li­brai­rie : tous titres confon­dus (quinze), ses livres to­ta­lisent plus de 700000 exem­plaires chez Mé­tai­lié, et plus de 3 mil­lions en Points. Tra­duit en cin­quante-cinq langues, notre homme at­teint des ti­rages co­los­saux : 12 mil­lions d’exem­plaires dans le monde, de­puis « la Ci­té des jarres » (2000) jus­qu’au « La­gon noir » (2014), en pas­sant par « la Femme en vert » (2001). A 55 ans, Ar­nal­dur In­dri­da­son, ex-cri­tique de ci­né­ma, fait par­tie du pe­lo­ton de tête du Grand Nord, avec Hen­ning Man­kell, Jo Nes­bo et Jus­si Ad­ler-Olsen. On at­tend la pu­bli­ca­tion de sa nou­velle tri­lo­gie, dite « des ombres ». Pre­mier titre : « Dans l’ombre (1941) », pré­vu pour le 2 fé­vrier 2017. En oc­tobre 2017, « la Femme de l’ombre (1943) », et, en mars 2018, « Pas­sage des ombres (1944) ». Im­pa­tience…

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